La lutte contre les Mutilations Génitales Féminines doit s’intensifier

Publié 8 janvier 2013 no picture Rodrigue Koffi

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2012 sera une année dans la défense des droits des femmes et filles, spécifiquement pour ce qui est de leur protection contre les Mutilations Génitales Féminines et l’excision. La raison ? L’adoption d’une résolution pour l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutations génitales féminines.

En effet, c’est le 20 décembre 2012, lors de sa Soixante-septième session, que l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté un texte pionnier concernant la lutte contre ce phénomène qui affecte 100 millions à 140 millions de femmes et de filles dans le monde. « Selon ses termes, l’Assemblée reconnait que ces mutilations constituent des abus irréparables et irréversibles des Droits de d’Homme des femmes et des filles, et les a réaffirmé comme grave menace pour leur santé. Les Etats sont invités à condamner toutes ces pratiques - qu’elles aient été commises au sein d’institutions médicales ou en dehors de celles-ci – et à prendre les mesures – incluant des mesures législatives- visant à interdire les mutilations génitales féminines, et à protéger les femmes et les filles de toutes les formes de violence », note le site de l’ONU.

Dans son désir d’afficher un engagement ferme sur la question, « [l’Assemblée Générale] prie le Secrétaire général de lui présenter, à sa soixante-neuvième session, un rapport pluridisciplinaire approfondi sur les causes profondes de la pratique des mutilations génitales féminines et les facteurs y contribuant, sa prévalence dans le monde et ses conséquences pour les femmes et les filles ».

Pour plus d’efficacité, « les mesures punitives devraient être complétées par des processus d’éducation et de conscientisation afin de promouvoir le consensus vers l’élimination de cette pratique. L’aide internationale est également demandée pour la seconde phase du Programme commun sur les Mutilations Génitales Féminines/Excision, dont la phase actuelle devrait prendre fin en décembre 2013, et la célébration chaque 6 février de la Journée internationale de la tolérance zéro contre les mutilations Génitales Féminines doit se poursuivre », ajoute l’Assemblée Générale.

Dans un article publié sur le site de cette agence, Monsieur John Hendra, Sous-Secrétaire général des Nations Unies et Directeur exécutif adjoint d’ONU Femmes, estime qu’« Il s’agit d’une étape très importante pour provoquer des changements culturels et comportementaux. Il est néanmoins tout aussi important de travailler sur le terrain avec les gouvernements, les communautés et d’autres partenaires en vue de mettre fin aux MGF ». A titre d’illustration, il ajoute que « l’expérience accumulée par ONU Femmes au Burkina Faso, au Bénin et dans d’autres pays montre que si les initiatives visant à criminaliser les MGF sont cruciales, elles doivent être appuyées par des services en faveur des victimes, en faisant participer les principales personnes d’influence et en appuyant les activités communautaires pour changer les normes sociales. Elles doivent également être assorties de mesures pratiques visant à mener les auteurs devant la justice ».

Il faut noter que ce même 20 décembre 2012, l’Assemblée Générale a adopté d’autres textes concernant la situation des femmes. Ce sont notamment la résolution visant à l’"Intensification de l’action menée pour éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes", une intitulée "Appuyer l’action engagée pour en finir avec la fistule obstétricale", et une autre sur la "Traite des femmes et des filles". Rappelons que nous avions évoqué dernièrement ce dernier phénomène sur notre blog suite à la publication du rapport 2012 de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) qui montre globalement que la traite des personnes persiste malgré les efforts des différents acteurs engagés.

© UNICEF/MLIA2012-00881/TANYA BINDRA - MALI, 2012




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