La mendicité des talibés au Sénégal : quelle(s) solution(s) ?

Publié 12 septembre 2013 no picture Rodrigue Koffi

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1. Sénégal: faut-il interdire la mendicité des...

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Ils font malheureusement partie du décor de Dakar, la capitale du Sénégal. Arpentant les rues, les différents axes routiers, mendiant de la nourriture et de l’argent auprès des automobilistes ou des commerçants, les talibés constituent un phénomène, qualifié par beaucoup de système d’exploitation des enfants, qui marque tout visiteur de Dakar, et autres grandes villes du Sénégal …mais qui semble faire partie intégrante de toute la dynamique de cette capitale aux yeux de bien des dakarois. Pour rappel, les talibés sont des enfants, bien souvent âgés d’à peine 3 ans, issus de familles pauvres, qui sont envoyés chez des marabouts afin de suivre une éducation islamique dans des écoles coraniques, des "Daaras" comme on les appelle.

Il y a deux années, en 2011, nous avions publié un article dans lequel nous appelions à sauver les enfants Talibés qui font malheureusement et trop souvent face à des conditions de vie inacceptables et à des traitements inhumains de la part des marabouts à qui ils sont confiés.

A titre d’illustration, nous avions fait cas du jeune Modou, relaté par un article publié sur le site de Sentinelles. « Il a été recueilli par des femmes de retour d’un marché dans la ville de Kaolack qui ont été attirées par ses grimaces de douleur. « Elles l’ont interpellé et lui ont enlevé ses vêtements: ce fut l’horreur!, note l’article. Son dos était couvert de blessures pleines de pus et complètement infectées. Sa cuisse gauche était très enflée et son ventre présentait des lésions sévères. Pressé de questions, Modou, 7 ans, avoue avoir été battu par son marabout et son adjoint pour avoir utilisé une partie de sa recette de la mendicité, l'équivalent de 20 centimes suisses, afin de se payer à manger. Il ne savait pas que cela était interdit et l'a donc appris à ses dépens».»

En août 2013, Violaine, l’une de nos blogueuses, a partagé avec nous sa participation à une nuit de maraude avec le Samu Social de Dakar. Parlant des talibés, Violaine écrit que « s’ils ne ramènent pas la somme quotidienne requise au Daara le soir, il arrive qu’ils se fassent battre. Le Samu social, dans son livre "Enfants et jeunes de la rue à Dakar" note que 60% des enfants qu’ils ont suivi ont atterri dans la rue en fuyant le Daara pour cause de maltraitance physique. »

Mais qu’est ce qui explique ce phénomène des enfants talibés ? Combien de Daaras existent-ils vraiment au Sénégal ? Combien d’enfants y sont-ils inscrits ? Comment organiser cet environnement ? Quel peut-être le rôle de l’Etat sénégalais ? Que faut-il faire pour sortir ces enfants des rues et les éloigner des accidents et autres déviances ?

Dans l’édition du 1er septembre 2013 de l’émission "Le débat africain" sur Radio France International (RFI), les invités du journaliste Alain Foka ont essayé de répondre à ces différentes préoccupations et interrogations. Nous vous proposons de (ré)écouter cette émission qui a permis de s’accorder sur le fait que la mendicité des enfants n’est pas un précepte de l’islam.

Cela dit, est-ce nécessairement en étant talibé et en mendiant qu’on doit apprendre l’endurance, l’humilité, …bref l’islam ? Le daara est-il devenu un commerce, un business pour des chefs religieux ? Est-ce également un « réceptacle des échecs scolaires des enfants », une sorte de « geste d’abandon de ces enfants de la part de leurs parents » ? La « prolifération chaotique » des daaras trouverait-elle certaines de ses racines dans la non reconnaissance étatique ? Chacun de vous se fera son opinion en écoutant chacun des invités de Monsieur Foka.

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