La Voix des Jeunes T'inspire! "Si le poste de vos rêves n’existe pas : créez-le ! "

Publié 26 mars 2014 no picture

Inscrit le 27 mars 2013
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Crédit: DR Marion Moureaux

Crédit: DR Marion Moureaux

Nom : Marion Moureaux

Age : 25 ans

Ville, Pays : Paris, France

D’où viens-tu et où vis-tu en ce moment ?

J’ai grandi en Franche-Comté, dans l’est de la France, mais je vis actuellement à Paris.

Selon ta carte de visite, quel est ton titre ?

J’ai deux casquettes, l’une en tant que Co-fondatrice du site Mediaeducation.fr, le portail de l'éducation aux médias en France, l’autre au ministère de l’Education Nationale où je suis à la stratégie numérique.

Que voulais-tu faire dans la vie quand tu avais 10 ans ?

Comédienne, danseuse et kinésithérapeute… Tout en même temps, évidemment ! J’ai toujours été une grande passionnée d’information, je lisais déjà des journaux pour les jeunes à 10 ans, mais mon envie de travailler dans les médias et sur les médias est arrivée plus tard.

Donne-nous 10 mots décrivant ta journée de travail typique :

Numérique, Médias, Education, Ecole, Projet, Information, Innovation, Communication, Passion, Echange

En quelques lignes, comment es-tu arrivé(e) là où tu en es aujourd’hui ? Cite les étapes importantes de ton parcours.

J’ai commencé par me former en journalisme. Après un cursus en journalisme (IUT de Cannes) et divers stages dans le domaine, notamment à Radio France Internationale et dans la presse écrite régionale en France, j’ai choisi de poursuivre en communication. J’ai travaillé, en parallèle de mes études, en tant qu’attachée de presse pendant presque 3 ans.

Mais en pratiquant les médias en tant que journaliste et attachée de presse, je me suis rendue compte que le grand public n’avait pas forcément une très bonne connaissance des médias et ne savait pas prendre du recul face aux discours médiatiques. C’est face à ce constat que j’ai décidé de me spécialiser en éducation aux médias.

Je voulais apporter des clefs de compréhension au plus grand nombre, faire réfléchir sur les méthodes des médias (sans vouloir les diaboliser) et permettre aux enfants des futures générations, nés dans un univers surmédiatisé, d’avoir les bons outils pour continuer à être des citoyens éclairés. Je suis persuadée que l’éducation aux médias est un outil indispensable à la démocratie. Mon propos s’est précisé encore davantage en menant un projet dans une école maternelle avec des enfants de 4 ans. C’est là que j’ai véritablement décidé de me focaliser en majorité sur l’éducation aux médias à destination des plus jeunes.

En me spécialisant en éducation aux médias, j’ai décidé, avec une ancienne étudiante de ma promotion, de créer un site web dédié à cette thématique : Mediaeducation.fr. C’est ce projet qui a pesé dans la balance pour mon recrutement au sein du Ministère de l’Education Nationale

Quel est le plus gros obstacle que tu aies eu à surmonter pour atteindre ta situation actuelle ? Comment cela t’a-t-il permis de grandir en tant que personne ?

Quand j’ai eu obtenu mon diplôme en Ingénierie de l’éducation aux médias, il n’y avait que de très rares postes sur le marché. J’ai donc dû être lucide face à la situation et réagir. C’est pour continuer à avoir un pied dans mon domaine de prédilection et me faire un réseau plus important que j’ai décidé de fonder Mediaeducation.fr .

Souvent aussi, l’expertise des jeunes n’est pas reconnue car elle ne s’associe pas à une grande expérience (normal quand on a que 22 ou 23 ans !). On m’a souvent considérée comme la jeune de service pour des postes que je convoitais. Pourtant, dans mon domaine, j’avais réellement une expertise à apporter et une vision à défendre. Il faut souvent batailler pour faire admettre qu’en plus d’être jeune, on peut être professionnel.

Le monde du travail est compliqué pour un jeune diplômé et les emplois ne correspondent pas toujours à la formation reçue. Il faut donc s’adapter, sans cesse se former, avancer et continuer à progresser dans le domaine qui nous intéresse.

Ces obstacles m’ont appris à ne jamais renoncer, à toujours croire que l’on peut y arriver, même s’il n’y a pas de poste. Si le poste de vos rêves n’existe pas : créez-le ! C’est aussi un engagement personnel fort de créer un site web en parallèle d’un job à temps plein et d’une vie personnelle bien remplie !

Il faut s’astreindre à une discipline et être rigoureux. Aujourd’hui, le site va souffler sa première bougie en mars et je tiens toujours le cap. Il a été un véritable tremplin pour trouver mon emploi et il est une fierté personnelle.

Qu’as-tu étudié? Quelle a été l'importance de ton choix d'études universitaires par rapport à ta profession aujourd’hui?

J’ai fait le choix d’étudier un domaine qui m’a toujours passionné, celui de l’information et de la communication. Mais c’est tout le cheminement du journalisme aux relations presse, en finissant par l’éducation aux médias qui a fait ma force. En restant centrée sur l’univers médiatique mais en évoluant dans différents domaines, j’ai acquis des compétences transversales qui me sont utiles quotidiennement. Je connais désormais les méthodes des journalistes, mais également des communiquants, je pense que c’est ce qui fait ma force pour éduquer aux médias, j’ai une vision très pragmatique de mon domaine et je connais l’envers du décor.

Quelles sont les trois éléments les plus importants pour pouvoir exceller dans ton domaine?

Je crois qu’il faut rester curieux de toutes les nouveautés technologiques et de leurs applications dans le monde de l’éducation. Etre toujours en éveil et faire beaucoup de veille est capital.

Il faut connaître les rouages de l’administration, de l’école et de toutes les associations et entreprises qui gravitent autour. Ce sont autant d’interlocuteurs au quotidien qui peuvent être des leviers dans la gestion des projets que je mène.

Il faut être passionné. Etre dans un domaine peu développé et encore parfois pionnier sur certaines thématiques est parfois compliqué. Il faut avoir la passion et l’envie de le faire évoluer.

Quelle est pour toi la chose la plus importante que les gouvernements et/ou les entreprises peuvent faire pour aider les jeunes à se lancer dans leur carrière?

Il faut encourager les stages et l’alternance. Ils restent le meilleur moyen aujourd’hui de s’insérer dans le monde du travail.

Avoir étudié ne suffit pas, il faut avoir acquis des compétences autres et être familier des environnements des entreprises que l’on convoite. J’ai toujours fait des stages en parallèle de mes études. A la fin de mon master, j’avais un CV rempli de plus de 4 stages (soit une expérience d’un an et demi cumulée) et des expériences professionnelles (piges pour des médias, attachée de presse en freelance, formatrice dans mes domaines d’expertise etc..). Il ne faut pas avoir peur d’entrer rapidement sur le marché du travail pour pouvoir prétendre à des postes plus intéressants une fois diplômé.

Il faut également que la prise d’initiative et que les projets des jeunes soient plus soutenus. Nous avons des compétences, des envies, des idées, nous pouvons faire de grandes et belles choses, mais souvent il ne manque qu’un peu de soutien ! Je crois fortement que l’on n’a pas besoin d’avoir au minimum 10 d’expérience pour pouvoir mener un projet à bien !

Sur une note plus légère, parle-nous de ta journée la plus étrange ou la chose la plus étrange que tu aies eu à faire au travail?

Je pense que c’est en étant journaliste pigiste que j’ai eu à faire les choses les plus étranges…

J’ai, par exemple, photographié un lion (un peu énervé) à travers sa cage, rencontré des personnes loufoques qui transportent des clefs géantes de ville en ville (oui, oui ça existe) ou encore fait un dossier assez long sur une maladie qu’ont…..les renards !

Parfois la presse quotidienne régionale réserve plus de surprise qu’on ne le croit !

Quelques mots pour les jeunes? Quel est le meilleur conseil à leur donner dans leur recherche de leur vocation ou de leur métier idéal?

Toujours croire en ses rêves !

J’ai fait mes études en rêvant à un poste qui n’existait pas encore… et j’ai donc commencé dans une branche que j’aimais (les relations-presse), mais dont je ne voulais pas faire le cœur de ma carrière.

J’ai créé une activité dans le secteur qui me plaisait avec mon site web et quand le poste, que j’occupe actuellement, a été créé au sein du Ministère, j’ai directement été contactée.

Il faut faire en sorte que ses rêves se réalisent et ne jamais désespérer.



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