Le sport, entre promesses sociales et lucrativité.

Publié 24 juin 2014 Avatar Nephtaly Andoney Pierre-Louis

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Le sport a toujours été le moyen de divertissement le plus bénéfique physiquement et psychologiquement pour l’homme. Par ailleurs, il a été aussi missionné dès sa modernisation à des tâches éducatives, intégratrices, citoyennes et humanistes. Dans un monde où la commercialisation du sport est en plein essor, où il existe des inégalités au sein même de la pratique sportive, il serait donc légitime de s’inquiéter de la capacité du sport à respecter ses promesses sociales.

Les critiques portées de nos jours à l’égard du sport dans nos communautés ne sont pas sans fondement. L’activité sportive constitue de plus en plus un marché très rentable pour les hommes d’affaires. Ces derniers transforment nos athlètes en des véritables biens économiques qu’ils peuvent acheter à partir d’un simple contrat. Par ailleurs leurs images ou leurs performances sont négociées à prix fort par des gens qui ne tiennent pas compte du plaisir du supporteur, téléspectateur ou spectateur. Le plus grave, comme sur un marché de biens et de services, ces « businessman » appliquent la loi de l’offre et de la demande sur les droits de retransmission. C’est-à-dire, plus une communauté présenterait des engouements pour un évènement sportif, plus chères elle devrait payer les images. Sur ce même point de visibilité d’autres évènements sportifs sont traités en parents pauvres. Par exemple, il est relevé que 80 % des compétitions sportives retransmises dans le monde présentent que des hommes. Ce taux est encore plus exacerbant quand il s’agit de sports qui demandent du muscle comme l’haltérophilie, le rugby. .. Car l’apparence masculine des femmes les pratiquant est jugée « inadaptée au profit ». Les rares autres sports ou les femmes ont pu se percer une visibilité médiatique sont soumis à des conditions « rentables ». Comme au tennis, au Handball et au volleyball, elles sont demandées de porter des petites jupettes et/ou des moulants, très courts.

Cependant en marge de cette lucrativité oppressante qui dévalorise l’esprit sportif, Le sport a connu de grandes victoires sociales dans l’histoire et change de grandes choses dans beaucoup de sociétés. Nelson Mandela a dit : « Le football, aussi bien que le rugby, le cricket, et les autre sports collectifs, ont le pouvoir de guérir les blessures ». Cette citation nous rappelle surtout la victoire de l’équipe nationale de rugby de l’Afrique du sud dans la coupe du monde de 1995. Elle allait symboliser une fois pour toute l’unité nationale entre noirs et blancs dans ce pays à travers un sport qui était pourtant ségrégé. Aux États-Unis aussi les noirs et les "latinos" ont pu se faire une réputation dans les pratiques sportives qui y sont les plus populaires. On pourrait même dire que les meilleurs athlètes dans ce pays, où régnait jadis la discrimination raciale, sont des descendants d’immigrants (afro-américains, latino-américains…). Le sport est donc facteur de réconciliation et de cohésion sociale. Il nous donne de l’espoir, comme c’est le cas en Haïti à chaque fois que l’un de nos Athlètes ou une sélection remporte une victoire. On se dit qu’on est aussi capable de l’exploit ensemble, c’est-à-dire, sortir du piège de l’instabilité et de la pauvreté. La fédération Afghane de football a remporté en 2013 Le « FIFA Fair Play Award » pour le travail que ses membres réalisent dans leur société. A travers des investissements dans le football ils nourrissent l’espoir de cesser les conflits dans leur pays en permettant aux jeunes de pratiquer plus le sport qu’ils aiment.

En définitif, Il suffirait juste que l’on réinvestisse socialement dans le sport une part plus considérable des revenus générés par sa capitalisation pour maximiser son impact social dans le monde. Cela permettrait à d’autres jeunes talents d’éclore et ceci contribuerait à diminuer encore plus les inégalités sociales dans le monde. Les hommes d’affaires n’auront rien perdu au fait parce que, qui dit de nouveaux prodiges voit de nouveaux contrats.

Nephtaly Andoney Pierre-Louis, 21 ans, Haiti.



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