Le sport, opportunité et opium pour le monde

Publié 12 juillet 2014 no picture MURHULA ZIGABE

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Le propre du sport, c'est qu'il transcende les questions de race, de nationalité et de religion, les questions d'ethnie, de sexe et d'âge. Le propre du sport, c'est qu'il est l'apanage de tout le monde.

Le sport est pratiqué parce qu'il procure énormément de plaisir, parce qu'il assouplit les muscles et parce qu'en fin, il est devenu un métier.

Le sport, tout en conservant son caractère ludique, fait preuve aujourd'hui d'une capacité capable de contribuer à la résolution de certains des problèmes cruciaux auxquels le monde d'aujourd'hui est confronté. Qu'il s'agisse des problèmes d'ordre social ou économique, des problèmes d'ordre environnemental ou politique, le sport dispose, au temps actuel, de la capacité pour pouvoir intervenir.

Le sport peut, sur le plan social, aider le monde à lutter contre les inégalités sociales parce qu'il accorde la même chance à tous de pouvoir développer leurs talents jusqu'à devenir professionnel et accéder ainsi à de grandes fortunes.

Le sport ouvre aussi ses portes à tout le monde, il devient ainsi un facteur défavorisant l'exclusion et favorisant l'intégration des plus défavorisés.

L'exclusion fondée sur la race, la nationalité, la religion, l'ethnie, le sexe et l'âge constitue l'une des graves maladies dont souffre le monde. Et le sport en est l'un des remèdes parce que ses règles sont les mêmes pour tous les individus.

Parmi les défavorisés figurent aussi les immigrés, et dont le nombre ne cesse plus de s’accroître ces derniers temps. Certains fuient des guerres, d'autres des catastrophes naturelles. D'autres encore partent pour chercher soit l'emploi, soit les meilleures conditions de vie. Certains jeunes eux, ce sont des raisons d'études qui sont à la base de leur départ. Quand ils arrivent dans les pays d'accueil, ils ne comptent que sur le sport pour pouvoir s'intégrer.

«Le sport, c'est aussi utiliser la chance qui nous est offerte de faire des rencontres, de nouer de belles relations, dit Elodie Guégan, jeune athlète française. Ce n'est pas que courir, ce n'est pas que la performance. Il y a tout ce qu'on peut en retirer pour soi-même. Il faut le dire aux plus jeunes: quoi qu'il arrive, il faut persévérer et d'autres portes s'ouvriront».

Le sport peut également aider à l'instauration de la paix dans le monde et unifier ceux-là que les intérêts égoïstes avaient séparés. Au cours de ce mondial de football qui est en train de se dérouler au Brésil, chaque fois que l'équipe de la Cote d'Ivoire marquait un but, les pro-Watarra et les pro-bagbo se mettaient debout comme un seul homme pour célébrer, oubliant ainsi tout ce qui les divise.

Sur le plan économique, le rôle du sport est triple: il participe à la création de l'emploi, il est source de revenus de l'Etat et permet aux grands professionnels sportifs d'accéder à de grandes fortunes qu'ils mettent à leur tour au service des plus défavorisés à travers des grandes fondations dont ils sont des créateurs.

Sur plan de l'environnement, le rôle du sport est d'abord de sensibiliser à la fois les sportifs et leurs supporteurs car, comme le dit le ministère des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports de France, il représente une grande part de notre société. Ensuite, le sport qui est aussi responsable de la destruction de l'environnement suite à ses activités et tout ce qu'elles impliquent doit beaucoup travailler de façon à améliorer l'impact de ses activités sur l'environnement car l'avenir de celles-ci en dépend.

Sur le plan sanitaire, le sport joue surtout le rôle préventif, parce qu'il aide à prévenir l'apparition des nombreuses maladies et permet ainsi à des populations de ne pas dépenser assez d'argent pour se soigner.

Par ailleurs, le sport, outre le fait d'être une puissante stratégie pour le monde, il est aussi un opium dont l'excès de consommation rend les hommes impuissants.

Dans un interview qu'il avait accordé au journal Courrier International, l'écrivain et journaliste sénégalais Boubacar Boris Diop dit que le football rend folle presque toute la planète. Pendant les grandes compétitions, continue-t-il, les tueurs redoublent de férocité, ils savent, dit-il, qu'ils peuvent massacrer des innocents dans l'indifférence générale. C'est pendant le Mondial de 1994 aux Etats-Unis, précise-t-il, que s'est déroulé le génocide rwandais. Et, ces jours-ci, pendant que tous les regards sont tournés vers l'Allemagne, Israël lance une offensive meurtrière contre les palestiniens.

La revue Corps et Culture elle, le qualifie de religion mondiale. Par le biais des mass-médias audio-visuels, confie-t-elle, cette religion est en voie de coloniser toute la planète.

Quant au quotidien d'écologie le Reporterre, le sport est un vecteur de pollution mentale. Nous ne pouvons pas, insiste-t-il, ignorer les pollutions visuelles et mentales du sport à travers ses infrastructures de communication, notamment la publicité dont il use et abuse. Le sport véhicule aujourd'hui, regrette-t-il, des valeurs permettant de mieux contrôler les populations- selon l'adage «mieux vaut courir que réfléchir»- et qui font de lui le nouvel «opium du peuple». Le sport contribue, confie-t-il, à coloniser nos imaginaires; il prépare notre «temps de cerveau disponible», il nous rend consommateurs et complice de la société de croissance.


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