L’éducation des filles, l’un des remparts contre le mariage des enfants

Publié 12 octobre 2012 no picture Rodrigue Koffi

no picture Rodrigue Koffi Voir le Profil
Inscrit le 9 mai 2011
  • 286 Articles

La première édition de la Journée internationale de la fille a été célébrée ce 11 octobre, avec pour thème le mariage des enfants. Dans une précédente contribution consacrée à cette journée, nous avons relevé que « le mariage d’enfants se caractérise en particulier par des niveaux élevés de violence, la marginalisation sociale, l’exclusion des services de protection et la privation d’éducation». L’éducation des filles apparait donc comme l’une des clés pour la lutte contre la mariage des enfants. Cette réalité a été réaffirmée ces derniers jours par les Nations Unies dans un rapport intitulé "Marrying too Young : End Child marriage" (Mariés trop jeunes : mettre fin au mariage des enfants).

En effet, selon un communiqué du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), « ce rapport constate que les filles qui sont pauvres, ont peu ou pas d'éducation et vivent dans les zones rurales sont les plus exposées aux mariages d'enfants. Les filles qui vivent dans les zones rurales du monde en développement se marient avant l'âge de 18 ans deux fois plus souvent que celles qui vivent dans les zones urbaines, et les filles n'ayant reçu aucune éducation, plus de trois fois plus souvent que celles ayant reçu une éducation secondaire ou supérieure. La vulnérabilité des filles aux mariages d'enfants s'accroît sensiblement durant les crises humanitaires

Il importe donc de renforcer les interventions actuelles afin d’offrir aux filles un meilleur accès à l’éducation, car ce rapport des Nations Unies avertit que 142 millions de filles pourraient être mariées avant l'âge de 18 ans durant la prochaine décennie.

Ainsi, l’UNICEF intervient dans certains pays pour aider à changer les esprits. C’est le cas en Inde, un pays qui compte 243 millions d’adolescents (âgés de 10 à 19 ans, définition UNICEF), soit 20% de la population nationale. Malgré les efforts des autorités et la croissance économique de ces dernières années ayant permis d’assurer à de millions de ces adolescents un meilleur accès aux services sociaux de base, les défis restent grands. L’UNICEF nous dit en effet que « les jeunes Indiens sont encore confrontés à de nombreux défis, surtout les filles qui sont exposées à des disparités sexistes en matière d’éducation et de nutrition, aux mariages précoces et à la discrimination, surtout celles qui appartiennent à des castes et des tribus souffrant d’exclusion sociale». Et si en 2007 une nouvelle loi interdisant les mariages d’enfants, protégeant les victimes et sanctionnant ceux qui les encouragent, a été promulguée, l’application de cette loi s’avère cependant difficile.

C’est dans ce contexte que l’UNICEF, grâce au financement de la Fondation Ikea, soutient les autorités locales de Bhawrak, dans l’Etat indien de l’Uttar Pradesh (le plus peuplé d’Inde), avec la mise en place de Comité de protection de l'enfance. Il s’agit d’un cadre qui « fournit un environnement sûr où les gens peuvent parler de ces problèmes sans craindre des répercussions ni d'être stigmatisés». Devenues des agents du changement des comportements, les femmes membre du Comité de protection de l’enfance se déplacent « aux alentours pour rendre visite aux ménages et les sensibiliser aux problèmes du travail des enfants et aux mariages d'enfants. Leur message est tout simple : les enfants doivent aller à l'école. » Pour y parvenir, les membres s’engagent publiquement « à ne pas marier leurs propres enfants avant leur âge légal. Ce vœu public a eu une influence significative sur le reste du village », nous dit l’UNICEF.

En plus de l’UNICEF, d’autres acteurs, comme l’UNFPA, sont engagés sur le terrain. Au Népal, plusieurs initiatives visent à informer les communautés sur les dégâts causés par le mariage des enfants et des bienfaits du maintien des filles à l’école. L’UNFPA contribue quant à lui à l’autonomisation des filles afin de dire non au mariage des enfants.

Dans ce pays, cette agence des Nations Unies a initié un programme appelé "Choisis ton avenir". Il s’agit d’une initiative qui éduque les filles hors du circuit scolaire sur les problèmes de santé et encourage le développement des bases des compétences de vie. Sur le site de l’UNFPA, nous lisons que « les enseignants de "Choisis ton avenir" essayent de persuader les parents d’assurer que leurs filles participent régulièrement à cette école ; ce que beaucoup d’entre-eux ont fait, surtout depuis que l’éducation des filles est gratuite jusqu’en classe 10 »

© UNICEF/NYHQ2011-2380/Giacomo Pirozzi - Philippines, 2011




comments powered by Disqus

En Savoir Plus