Les adolescents sont les oubliés du progrès

Publié 3 juillet 2012 User_image_bg Anne


La 10e édition du rapport de l’UNICEF Progrès pour les enfants sonne la tirette d’alarme : dans les pays en voie de développement, peu d’attention a été portée au sort des adolescents et trop peu d’efforts ont été faits pour tenter d’améliorer leurs conditions de vie.

Dans l’introduction de ce rapport (dont nous vous recommandons la lecture mais dont nous vous résumons les enseignements ci-dessous), Anthony Lake, directeur général de l’UNICEF, souligne que si la communauté internationale a consacré beaucoup d’attention à améliorer le sort des enfants (réduction de la mortalité infantile, augmentation du nombre d’enfants scolarisés, élargissement de l’accès aux services de santé), «nos efforts ont laissé de côté bien trop d’adolescents âgés de 10 à 19 ans», une réalité qu’il convient de corriger d’urgence.

Soulignons tout d’abord quelques faits mis en valeur dans cette étude:

  • 90% des 1,2 milliard d’adolescents que compte la planète vivent dans les pays en développement

  • 71 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école secondaire ne sont pas scolarisés

  • 127 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans sont illettrés

  • 2,2 millions d’adolescents dont 60% de filles vivent avec le VIH (et pour beaucoup sans même en avoir conscience)

  • Dans les pays en développement, plus d’un tiers des jeunes femmes ont été mariées alors qu’elles étaient enfants (avant l’âge de 15 ou 18 ans, selon les régions)

  • Environ 11% des naissances dans le monde surviennent chez des filles âgées de 15 à 19 ans

  • La mortalité a nettement moins baissé chez les adolescents que chez les enfants de moins de 10 ans.

Les adolescents sont mal compris car peu ciblés

Premier constat fondamental de cette étude : Ni enfants, ni adultes, les adolescent ne bénéficient pas de services qui répondent à leurs besoins spécifiques. Par exemple, ils sont parfois exclus des programmes de planification familiale, la loi les obligeant souvent à avoir une autorisation parentale pour accéder à ce type de services. Or l’adolescence est une période charnière lors de laquelle les adolescents sont souvent mal dans leur peau et particulièrement vulnérables. Il semble donc impératif de leur donner accès à des services et soins appropriés.

En Afrique subsaharienne, les ados sont laissés pour compte

Seule région du monde dans laquelle le nombre d’ados continue de croître de manière importante, l’Afrique subsaharienne est pourtant l'endroit où les adolescents sont le moins bien lotis. Moins d’un tiers d’entre eux sont scolarisés dans le secondaire et seuls 47% des filles et 52% des garçons âgés de 15 à 19 ans ont terminé le cycle primaire. Le taux de présence sur le marché du travail est faible chez les jeunes femmes comme chez les jeunes hommes. Autre fait quelque peu paradoxal souligné par cette étude : le diplôme ne garantit pas l’emploi, au contraire. «Dans les pays en développement, les taux de chômage sont en effet plus importants chez les jeunes les plus éduqués ». La raison ? Le manque d’emploi dans le secteur formel de l’économie.

Que faire pour répondre aux besoins des ados ?

«Les données disponibles suggèrent que d’importants efforts doivent être accomplis en matière de plaidoyer, de programmes et de politiques pour concrétiser les droits des adolescents», conclut le rapport de l’UNICEF qui suggère notamment plusieurs approches:

-Adopter une approche en fonction de l’âge, les adolescents n’ayant pas les mêmes besoins que les enfants ou les adultes et investir notamment dans des programmes de prévention confiés à des professionnels qui comprennent les adolescents.

-Envisager l’adolescence dans une optique d’équité en développant notamment des programmes destinés aux jeunes les plus vulnérables (ados déscolarisés, vivant avec le VIH ou d’autres maladies chroniques, etc.)

-Reconnaître le potentiel des adolescents en tant qu’acteurs du changement : «Les programmes et politiques doivent reconnaître la capacité [des adolescents] à apporter une réelle contribution à leur communauté, tout en continuant à assurer leur protection en tant qu’enfants», suggère le rapport.

«L’adolescence est la dernière étape de l’enfance. C’est un stade critique au cours duquel les investissements en faveur des adolescents peuvent rompre le cycle de la pauvreté et avoir des effets bénéfiques sur le plan social, économique et politique pour les individus, les communautés».

Ensemble, faisons passer le message : les ados représentent le futur. Donnons-leur des perspectives d’avenir !

© UNICEF/NYHQ2004-0378/Fiorente




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