Les enfants : une proie de choix pour les prédateurs de la Toile

Publié 15 juin 2011 no picture

Inscrit le 28 avril 2011
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"A 14 ans, j’étais une jeune fille mal dans sa peau. Je me sentais laide. Je chatais beaucoup car je me sentais seule", confie une jeune internaute sur un blog communautaire destiné à mettre en garde les enfants contre les dangers d’Internet et des chats en particulier. "Un jour, j’ai été contactée par un homme qui proposait des castings. Il recherchait des mannequins. J’ai été intéressée car je pensais ainsi combattre mes complexes au sujet de mon apparence, » conte-t-elle. L’homme, qui a joué le rôle de protecteur et confident, a peu à peu gagné sa confiance et la jeune fille a fini par lui fixer rendez-vous. "Une confiance aveugle et idiote qui m’a fait tomber entre les mains d’un homme pervers qui a abusé de moi", avoue-t-elle.

Malheureusement, cette histoire est aujourd’hui très commune à l’heure où innombrables sont les adolescents et enfants à utiliser la Toile pour communiquer avec autrui. Le site de l’association e-enfance, dont la mission est de permettre aux enfants et adolescents de se servir des nouvelles technologies de la communication (Internet, téléphones mobiles, jeux en réseau) avec un maximum de sécurité, rappelle notamment que les réseaux sociaux sont de plus en plus fréquentés par des enfants qui n’ont pas toujours conscience des risques auxquels ils s’exposent en tissant de nouvelles amitiés "virtuelles" avec des inconnus.

Aujourd’hui, les jeunes ne comptent pas des dizaines d’amis sur les réseaux sociaux tels que Facebook mais des centaines… Inutile de préciser qu’il ne s’agit pour la plupart que de vagues connaissances, la popularité des ados se mesurant aujourd’hui par leur nombre d’amis sur Facebook plutôt que par le nombre de leurs véritables amis. Outre les prédateurs sexuels qui hantent la Toile à la recherche de proies faciles, les enfants et adolescents sont également confrontés à d’autres menaces très sérieuses. Un article du Monde Informatique notait ainsi que, selon une étude réalisée par la London School of Economics auprès de plus de 25 000 jeunes, pas moins de 21% des jeunes de 11-16 ans déclaraient avoir été confrontés à des messages malsains comme des messages de haine, des messages pro-anorexiques, des appels à l’automutilation, à la prise de drogue ou au suicide. Notons aussi que les cybercriminels sont nombreux sur la Toile et que le vol d’identité est aujourd’hui monnaie courante.

Selon les statistiques publiées sur le site d’e-enfance, 38% des 9-12 ans en Europe ont un profil sur un réseau social, un fait paradoxal sachant que la plupart de ces réseaux sociaux (Facebook en tête) sont interdits au moins de 13 ans. Mais rien de plus facile que de transgresser cet interdit lorsqu’il suffit de mentir sur sa date de naissance pour rejoindre l’univers si tentant des réseaux sociaux. Pire, les enfants ne réalisent pas souvent qu’ils jettent en pâture leur numéro de téléphone et leur adresse lorsqu’ils optent pour un profil « public ». Car « si les 15-16 ans savent à 78% modifier les paramètres de leur compte pour que leurs données privées ne soient accessibles qu’aux contacts qu’ils ont autorisés, ce n’est le cas que de 56 % des 11-12 ans », précise le site d’e-enfance.

En Californie, patrie de Facebook, Twitter et You Tube, entreprises qui règnent sur l'univers des réseaux sociaux, Ellen Corbett, une sénatrice de la région de San Francisco, bataille depuis des mois pour faire adopter le « Social Networking Privacy Act ». But de ce texte de loi ? Obliger les réseaux sociaux à restreindre les informations des internautes mises par défaut à la disposition du public, résume un article publié dans Le Monde du Droit.

Ce texte de loi souhaite également autoriser les parents à exiger des réseaux sociaux le retrait des informations personnelles de leurs enfants si ces derniers ont moins de 18 ans. Facebook et les autres réseaux sociaux mènent cependant campagne contre ce projet de loi qui n’a pas encore reçu les voix nécessaires pour être adopté.

En conclusion, ajoutons enfin que si ce phénomène concerne bien entendu les adolescents et enfants localisés aux quatre coins de la planète, dans les pays en voie de développement les enfants sont encore plus vulnérables car ils ne sont pas forcément bien informés sur les dangers du cyberespace.

A l’automne dernier, l’université de Harvard (aux Etats-Unis) a organisé une conférence sur ce thème et les participants ont noté que, dans des régions comme l’Afrique où l’accès à Internet reste encore rare, les jeunes qui commencent à utiliser leurs téléphones mobiles pour se connecter aux réseaux sociaux sont des proies d’autant plus faciles que les sujets comme la cyber-sécurité ne font pas forcément tous les jours la une des médias locaux.

La morale de l'histoire? Moins les enfants et les parents sont conscients des dangers liés à l’utilisation d’Internet (qui demeure cependant un merveilleux outil de communication), plus ils attirent la convoitise des cybercriminels qui guettent, sur la Toile, les êtres les plus vulnérables.

Aujourd’hui, Voices of Youth souhaite donc engager une discussion sur le thème de la sécurité des mineurs sur Internet:

A votre avis, lorsque les enfants sont les victimes de cybercriminels, qui sont les responsables ? Les parents qui n’ont pas suffisamment éduqué leurs enfants sur les dangers d’Internet et n’ont pas surveillé leurs agissements sur la Toile ? Les enseignants qui devraient systématiquement enseigner des matières comme la "cyberéthique" et la "cybersécurité"? Les fournisseurs d’Internet et les réseaux sociaux qui donnent accès à la Toile à tout le monde et n’importe qui ? Les médias qui glorifient les réseaux sociaux ? Donnez-nous votre avis et nous publierons vos commentaires sur notre site.

@http://www.flickr.com/photos/laihiu/4012127424/sizes/z/in/photostream/




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