Les jeunes migrants : une chance pour les pays d’accueil ?

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Inscrit le April 28, 2011
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Alors que s’est tenu cette semaine au siège de l’UNICEF à New York un symposium international sur le thème des jeunes migrants, il est important de rappeler quelques faits sur la jeunesse et l’immigration.

Tout d’abord l’immigration est un phénomène de masse comme l'évoquait Anthony Lake, le directeur général de l’UNICEF : «Environ 214 millions de personnes (soit 3% de la population mondiale) vivent à l’extérieur de leurs pays d’origine. Parmi ceux-ci, environ 35 millions ont entre 10 et 24 ans», rappelait en effet ce dernier.

Chez les 10-24 ans, une proportion plus importante de garçons que de filles migre vers d’autres pays (100 garçons pour 94 filles) même s’il existe des différences régionales.

On connaît mal les besoins des jeunes migrants: qui sont-ils et quels sont leurs besoins? Certains sont à la recherche d’une vie meilleure, d’autres fuient les persécutions, d’autres encore sont l’objet d’une migration forcée sous forme de trafic. Pour mieux protéger leurs droits, il est donc essentiel de mieux connaître leurs besoins et aspirations.

La mondialisation accélère les déplacements de la jeunesse. Comme le soulignait Purnima Mane, directrice générale adjointe du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), la mondialisation et les nouveaux moyens de communication font que «les jeunes sont de plus en plus conscients de ce qui manque à la maison» et de plus en plus attirés par l’étranger.

Outre leur jeunesse, ces migrants apportent avec eux « leur résilience, leur ingéniosité et leur persévérance », a encore souligné Purnima Mane. Le journaliste français Eric Le Boucher rappelait dans le magazine en ligne Slate que, contrairement aux idées reçues, «les études d’économistes démontrent que l’immigration ne provoque ni chômage, ni dégradation des comptes sociaux». Et pour palier au vieillissement de sa population, l’Europe va devoir notamment compter sur un apport de main d’œuvre étrangère.

Pourtant, si nombreuses sont les études à prouver les bienfaits de l’immigration, reste que l’opinion publique des grands pays « d’accueil » ne semble pas convaincue. L’Europe, poursuit Eric Le Boucher « recense 44 millions d’immigrants, soit 9% de ses 500 millions d’habitants mais aujourd’hui, les sondages sont clairs : 90% des Italiens, 75% des Français et 66% des Britanniques sont en faveur d’une restriction des flux migratoires », note-t-il.

Rien n’illustre mieux cette contradiction apparente que l’accueil récemment réservé par la France aux migrants en provenance de Lybie et de Tunisie, deux zones de conflits. Alors que la Tunisie accueillait des centaines de milliers de déplacés qui fuyait la violence en Lybie, « le gouvernement français, guidé par des considérations de politiques internes (à l’approche des élections présidentielles), a déployé une série de réponses totalement inadaptées : multiplication d’interventions policières, placement en garde à vue, en centre de rétention, blocage de la frontière franco-italienne et réadmission des Tunisiens vers l’Italie », dénonce ainsi l’association France Terre d’Asile, qui milite pour les droits des immigrés. Le 4 mai dernier, les forces de l’ordre ont par exemple expulsé une centaine de jeunes réfugiés tunisiens qui squattaient un immeuble parisien. Dans le même temps, les Etats-Unis décidaient au contraire de prolonger de 18 mois l’asile temporaire accordé après le séisme de janvier 2010 aux Haïtiens se trouvant de manière illégale sur le territoire américain, selon une dépêche de l’AFP.

Comme le rappelait Purnima Mane, lors de la conférence sur les jeunes migrants, derrière chaque migrant, il y a un être humain. « En écoutant les tentatives des jeunes migrants et leurs tourments, et en les impliquant dans la prise de décision, les pays peuvent répondre à leurs besoins ».

© UNICEF/LaoPDR04632/Jim Holmes




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