Pandémie du sida : bientôt la fin ?

Publié 17 juillet 2012 no picture Rodrigue Koffi

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Dans quelques jours, du 22 au 27 juillet 2012, Washington DC, la capitale des Etats-Unis d’Amérique, accueillera la 19ème Conférence internationale sur le sida. Articulée autour du thème : "Renverser la tendance de la pandémie", cette conférence est présentée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme l’une des principales manifestations de l’année dans le domaine de la santé et du VIH dans le monde. Elle constitue, selon l’Association française Sidaction, une étape importante au cours de laquelle les orientations futures [seront] définies.

Comme pour annoncer cet évènement, nous avons certainement été nombreux à lire, mais aussi à être tenté de partager l’espoir, voire la conviction du Dr Anthony Fauci, éminent virologue américain selon laquelle la fin de la pandémie du sida est en vue.

En effet, dans une récente interview accordée à l’Agence Française de Presse (AFP), largement relayée, comme c'est le cas ici fr.msn.com, l’actuel directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) affirme que "nous commençons à réaliser qu'il est possible de réellement agir sur l'infection et de changer la trajectoire de la pandémie".

En plus de l’efficacité actuelle des antirétroviraux qui permettent à ceux qui les prennent de rester relativement en bonne santé, nous lisons dans cet article que ce virologue affirme que ce sont « les résultats d'essais cliniques publiés récemment, montrant l'efficacité de ces antirétroviraux pour prévenir le risque d'infection chez des sujets séronégatifs, qui laissent penser "qu'il est possible de fortement accélérer la diminution de nouvelles infections" ».

Et depuis ce 16 juillet 2012, les Etats-Unis se sont inscrit dans la position de précurseur. Selon le site Lavoixdunord.fr, «l'agence américaine des médicaments (FDA) a approuvé lundi la mise sur le marché de l'antirétroviral Truvada, premier traitement de prévention contre le sida destiné aux personnes à risque qui devrait contribuer, selon les autorités, à réduire les nouvelles infections. »

En effet, continue l’article, « le Truvada, pris quotidiennement, est destiné "à être utilisé à titre prophylactique avant un contact avec le VIH (virus de l'immunodéficience humaine), en combinaison avec des pratiques sexuelles sûres comme l'usage de préservatifs et d'autres mesures de prévention --dépistage régulier et traitement d'autres maladies vénériennes-- pour empêcher la transmission du virus chez des adultes à haut risque", a souligné l'agence ».

Déjà en mai dernier, le site de la chaîne de télévision française France 24 mentionnait que « le risque de contamination par le VIH est réduit en moyenne de 42 % avec le Truvada. S’il est autorisé par la FDA, le médicament deviendrait le premier traitement préventif contre le sida en s'adressant à la fois aux personnes séronégatives et aux porteurs du VIH ».

Mais dans ce même article le président de l’ASIGP-VIH, (Association de suivi et d'information des gays sur la prévention du VIH), qualifiait de “catastrophique” une éventuelle mise sur le marché du Truvada. Pour ce dernier, “après des années de combat pour éduquer la population à se protéger, ce médicament va les pousser à abandonner le préservatif”.

Un travail de sensibilisation et de vigilance s’impose donc aux Etats-Unis, et dans les pays qui autoriseront prochainement ce mode préventif qui, il faut le savoir, aura un coût financier non négligeable. Sans oublier que l’atteinte de la fin de cette pandémie du sida passe également par le renforcement des interventions d’aujourd’hui afin de continuer à réduire le nombre de nouvelles infections pour atteindre l’objectif de Zéro.

© UNICEF/NYHQ2011-1326/Marco Dormino -Haiti, 2011




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