Pour 500 millions au moins de personnes qui en vivent, il faut renforcer notre action autour du manioc

Publié 10 mai 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Du 30 juin au 1er juillet, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’associe à l’Union Africaine et à l’Institut Lula du Brésil pour organiser une réunion de haut niveau à Addis-Abeba. Intitulée «Nouvelles approches unifiées pour mettre un terme à la faim en Afrique», cette rencontre consiste à relancer un partenariat qui permettrait d’intensifier les efforts visant à éliminer la faim en Afrique. « Ce partenariat s’appuiera sur le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA), qui fête ses dix ans et a déjà fait ses preuves dans 30 pays, et sur le défi Faim zéro du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, afin de susciter un engagement politique fort et soutenu contre la faim en Afrique », selon un article publié sur le site de Radio des Nations Unies..

Cette rencontre se tiendra certainement dans un climat de grande espérance dans la mesure où la FAO a annoncé récemment qu’elle prévoit une forte production céréalière cette année. En effet, « Si les conditions météorologiques sont plus normales qu'en 2012, constate l’organisation, la production mondiale de blé devrait atteindre 695 millions de tonnes, soit 5,4 % de plus que l'an dernier et seulement 6 millions de tonnes en-dessous du niveau record de 2011. » De plus « En 2013, la production de céréales secondaires culminerait à 1 266 millions de tonnes, du jamais vu puisque ce chiffre excède de 9,3 % le record de 1 167 millions de tonnes enregistré en 2011. » Mais, l’une des grandes préoccupations qui, on l’espère devrait être prise en compte c’est le manioc, qui nourrit au moins la moitié d’un milliard de personnes, dont une partie importante vit en Afrique.

Déjà en février 2013, IRINN publiait un article pour nous informer que le manioc est progressivement remplacé par du caoutchouc en Côte d’Ivoire, un pays où ce tubercule constitue l’une des principales bases alimentaires de la population. « Les agriculteurs estiment que l’hévéaculture leur apporte un revenu plus stable et prévisible, car, contrairement au manioc, qui est récolté une fois par année seulement, le caoutchouc peut être collecté 10 mois par année. La culture du manioc est aussi plus exigeante que celle de l’hévéa », notait une personne ressource citée dans cet article.

Aujourd’hui, c’est l’Agence Française de Presse (AFP) qui attire notre attention dans un article relayé par plusieurs sites d’information, dont 20minutes.fr, et qui porte sur un virus qui menace cette plante. « Dévastatrice pour la récolte, la striure brune, disparue depuis 1935, est réapparue il y a une dizaine d'années en Afrique de l'Est. Depuis, elle progresse vers l'ouest du continent: après la Tanzanie, le Kenya, le Mozambique, ses premiers foyers, elle a été signalée en République démocratique du Congo (3e producteur mondial) et en Angola. »

« Simultanément et c'est nouveau, elle migre vers les hauteurs, à près de 1.000 m d'altitude en Ouganda, Malawi, Rwanda et Burundi. »

Pour le chercheur Claude Fauquet l'un des fondateurs du Partenariat mondial du manioc pour le 21e siècle (GCP21), «techniquement et scientifiquement on sait ce qu'il faut faire, la question c'est de mettre les moyens, financiers et logistiques.»

« Bien que ce soit une culture de base et une matière première importante pour l'industrie et bien qu'il contribue à lutter contre la faim et la pauvreté dans les pays en développement, le manioc a souvent été négligé par les politiques de développement agricole. En matière d'amélioration génétique et de biotechnologies, on lui a accordé beaucoup moins d'importance que la plupart des principales cultures vivrières », écrit la FAO sur son site.

C’est dans ce cadre qu’a été lancée la Stratégie mondiale de développement du manioc pour la période 2000-2015. Cette initiative trouve ses racines dans « la conviction qu'elle contribuera au développement économique des producteurs et de l'industrie du manioc ainsi qu'au bien-être d'un grand nombre de communautés et d'individus défavorisés du monde entier. »

Cette rencontre d’Addis-Abeba devrait, nous le souhaitons, permettre également de lancer des bases de travail sur cette stratégies pour anticiper une situation dont personne à ce jour ne peut encore bien cerner l’ampleur avec les menaces actuelles.

© UNICEF/NYHQ2011-2490/OLIVIER ASSELIN - CÔTE D IVOIRE, 2011




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