Pour protéger l'image des enfants

no picture Etudiant
Israel Jeune
Inscrit le 20 mars 2017
  • 2 Articles

Depuis quelque temps, il y a une pratique qui tend à devenir une règle sur les réseaux sociaux tant en Haïti qu’à l’étranger. C’est le fait de partager, à tout bout de champ, des clichés d’enfants et pire encore des nourrissons sur Facebook ou sur Instagram. Ces parents qui se livrent à de telles pratiques ignorent fort souvent que ces images qui apparaissent sur les fils d’actualité de leurs ami(e)s sont stockées dans les serveurs de multinationales. Ainsi, ils ne savent même pas où l’image peut atterrir et que cela peut largement dépasser le cercle des ami(e)s.

Cette obsession des parents à vouloir partager le quotidien de leurs enfants n’est pas sans conséquence pour leurs progénitures. Cela peut leur causer de graves ennuis à l’ avenir. Après 10-15 ans, l’enfant pourrait même se retourner contre ses parents au nom du droit à l’image, ce qui est déjà arrivé en Autriche où une jeune fille de 18 ans a décidé d’intenter un procès contre ses parents à qui elle reproche de lui avoir fait vivre « un enfer » en postant près de 500 photos personnelles d’elle sur Facebook, en l’espace de sept ans. Chez nous en Haïti, c’est presque pareil. Même celles et ceux qui ne sont pas encore parents photographient l’enfant de leurs proches familiaux pour dire qu’ils/elles sont déjà tantes ou oncles, etc. Quels sont les risques encourus par ces enfants-là ?

Une image, une fois mise en ligne, n’appartient plus à celui ou celle qui l’a postée. Elle lui échappe tout carrément. Quand il s’agit d’un enfant, ses images peuvent être récupérées par des prédateurs sexuels et peuvent être utilisées à des fins pédopornographiques. Aussi, ses propres images peuvent-elles être utilisées à des fins publicitaires. C’est peut-être le risque le plus réel, car lorsque l’on se crée un profil Facebook, les données que nous transmettons deviennent la propriété de l’entreprise. Ainsi, le réseau social peut légalement utiliser les photos à des fins publicitaires. Outre les risques de récupération des images par des personnes mal intentionnées, certains enfants pourraient être amenés un jour à demander des comptes à leurs parents.

C’est à vous, parents, d’assumer votre responsabilité. Le fait d’exhiber la vie privée de votre fils ou fille à qui veut la voir peut être considéré comme dévalorisant pour lui s’il le découvrait même une décennie plus tard. Ne vous laissez pas aller dans ce hobby parental qui est en passe de gagner du terrain chez nous sur les réseaux sociaux. Évitez d’exposer votre enfant, car vous devez, à tout prix, protéger son identité numérique. Dans d’autres sociétés, comme celle des États-Unis, il est déjà arrivé à plusieurs reprises que des parents publient une photo de leur enfant lors de la rentrée des classes et que l’enfant ait été enlevé peu après, l’école ayant été identifiée. Pour éviter tout cela, soyez beaucoup plus responsables et vigilants. Une photo partagée peut livrer des informations personnelles à des inconnus qui rôdent sur les réseaux sociaux. Chaque photo publiée sur Facebook, en particulier, aide aussi l’entreprise de Facebook à établir son « profilage Facebook », via la reconnaissance faciale notamment, afin de mieux utiliser ses données personnelles. De quoi sérieusement mettre à mal tout anonymat futur. Sachez enfin que le web n’oublie rien. Ce qui est posté aujourd’hui peut-être retrouvé à volonté dans 10 ou 15 ans après.





comments powered by Disqus