Quand la dissolution et la colle déciment notre jeunesse

Publié 5 août 2014 no picture Islaman Abdou

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la dissolution

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Nous sommes un mardi matin, sur un dépotoir d’ordures situé derrière le stade General Seyni Kountché, des jeunes dont l’âge varie entre 12 et 20 ans. Ils sont à la quête de petits objets qu’ils pourront vendre au marché de Katako, au Niger.

On retrouvera plus tard beaucoup d’entre eux au centre-ville, armés de boite remplies de colle ou de dissolution en train de se droguer. La dissolution, un produit destiné à coller les chambres à air et la colle sont devenu les drogues prisées de ces jeunes dont certains dépassent à peine l’âge de 10 ans. « Je viens de Ouallam (localité située à 90km de Niamey), par jour je gagne entre 500Fcfa et 1000Fcfa. Avec cette somme, j’achète à manger et de la dissolution. Quand, je prends la dissolution, j’oublie mes problèmes et en plus ça me donne une force inimaginable. Même toi en face de moi, je peux te terrasser. », nous confie tout fièrement, Issa, âgé de 16 ans. Pour se droguer, ils imbibent la dissolution sur un torchon avant de l’introduire dans leurs bouches pour ensuite inspirer l’odeur à longueur de journée. Venus pour leur majeure partie des zones rurales, beaucoup plongent très vite dans la délinquance et accros à ces substances, à l’exemple de Mamoudou, 19 ans, qui dit avoir essayé la dissolution alors qu’il n’avait que 10 ans « dans le groupe où j’étais, tout le monde prenais soit de la colle, de la dissolution ou des comprimés. Un jour on m’a proposé de la dissolution. Je l’ai essayé et depuis le jour-là, je n’ai cessé d’en prendre (…) par jour si je n’en prend pas, je me sens faible ». Si pour d’autres, c’est la tentation qui les pousse à prendre ces drogues, d’autres les prennent sous le coup de la pression du groupe en ignorant totalement les conséquences que peut engendrer cette consommation. En effet, ceux qui se droguent sont en général soit mal informés, soit peu conscients des risques sanitaires auxquels ils s'exposent. Avec moins de 300Fcfa, ils peuvent se la procurer et la consommer au vu et au su de tout le monde sans qu’ils ne soient inquiétés. Vexées, les populations assistent impuissamment à cette situation qui ne fait que prendre de plus en plus d’ampleur. Plongés dans le monde de la dissolution et de la colle, ces jeunes deviennent capables du pire.

En consommant ces substances, ils s’exposent pourtant à divers risques, tels que les troubles psychiques, le coma, voir même la mort. Malheureusement, l’absence de chiffres sur ce phénomène ne rend pas le travail facile aux rares organismes qui s’y intéressent.

Pourtant, intervenir pour aider ces jeunes à délaisser ces stupéfiants est plus que nécessaire dans un pays comme le nôtre, où la jeunesse constitue le pivot de tout développement durable.


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