Quel avenir pour la biodiversité malgache

no picture ZO ANDRIANINA
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source : banque mondiale 2013

source : banque mondiale 2013

Madagascar est l’un des 12 pays du monde à avoir une biodiversité hotspot. Il est réputé pour ses lémuriens qui sont tous endémiques de Madagascar. C’est-à dire que l’on ne peut les rencontrer ailleurs. Plus de 99% des amphibiens, 96% des reptiles, 85% des plantes vasculaires et 51% des oiseaux sont endémiques (Andrianandrasana, 2005). La plupart de ces espèces vivent soit dans la forêt, soit dans les marécages. Madagascar possède également des écosystèmes d’une diversité exceptionnelle. Ses habitats naturels vont de forêts tropicales humides le long de la falaise orientale et jusque dans les terres de l’est, aux forêts sèches de l’ouest et forêts d’épineux de l’extrême sud de l’île (Schmid, J. & Alonso L.E., 2005).

Madagascar est l’un des pays à megadiversité mais sa population fait partie des plus pauvres du monde (67,5 % vit en dessous du seuil de la pauvreté en 2006) (OMD, 2007). L'explosion démographique (23.201.926 habitants en 2014 dans 587.040 km2 (infoplease.com)), la pauvreté, les problèmes environnementaux malgaches, notamment les cultures sur brulis, l’érosion et le changement climatique, menacent la vie des générations futures ainsi que la biodiversité et l'environnement. Chaque année, un-tiers du pays est touché par le feu, 300.000 ha de forêts disparaissent et 90% ont déjà disparu (Lemur news, 2007). En effet, les gens prélèvent n’importent quelle ressources sans connaitre les enjeux et les conséquences de leurs actes. La dégradation de l’environnement coûte au pays entre USD 450 et 500 millions par an, soit 9 à 10% du PIB (Banque mondiale, 2013)

Plus de 75% des malgaches vivent en milieu rural, en transformant les forêts humides en riziculture ou en usant les terres avec les cultures sur brulis. A cela s’ajoutent les activités minières ou les grandes firmes internationales commencent à prendre d’envergure. Mais également, l’exploitation forestière pour la construction et le bois de chauffe et pour des raisons commerciales (Schmid, J. & Alonso L.E., 2005). Madagascar est devenu la victime des politiciens en matière de gaspillage des ressources naturelles. En effet, ce dernier a atteint son apogée entre 2009 et 2011 ou 25 000 m3 de bois précieux illicites valant de près de $200 millions ont été exportés (Raonintsoa, 2012). Pourtant, le prix en Euro d’1 m3 (plancher à l’exportation) est de 1000 pour le palissandre, 2000 pour le bois de rose et 2500 pour le bois d’ébène. Les bois de rose sont trafiqués par des réseaux mafieux et sont vendus sur le marché international. Ceci ne semble s’arrêter que lorsqu’il n’en reste plus aucun pied. En 2006, toute exploitation de palissandre, de bois de rose et de bois d’ébène a été interdite par la loi. Mais à partir de 2009 (début de la crise), l’exportation à l’état brut de ces bois a été acceptée (Arrêtés interministériels N°003-2009 ; 38244/2009 ; 38409/2009 (Contradiction avec arrêtés 11832/2000 et 16030/2006)). Cela ronge le cœur de savoir que toute cette somme d’argent aurait pu aider la population à sortir de la pauvreté, à réduire ce chiffre 67% au moins à la moitie. Comment pourrait-on sauver les ressources naturelles malgaches si le bénéfice ne revient qu’à un nombre réduit de personnes qui sont devenues milliardaires du jour au lendemain ?

Sources:

Andrianandrasana H.T., Randriamahefasoa J., Durbin J., Lewis R.E. & Ratsimbazafy J.H., 2005. Participatory ecological monitoring of the Alaotra wetlands in Madagascar. Biodiversity and Conservation, 14:2757-2774.

Banque mondiale. 2013. Madagascar. Rapport sur l’environnement (Country Environnemental Analysis – CEA) 2013 : les principaux messages. Résumé du rapport « Madagascar Country Environmental Analysis ». 26 pages.

Infoplease. Madagascar. [En ligne]. www.infoplease.com/country/madagascar.html. Consulté le 19/12/14.

Lemur news, Vol. 12, 2007. The newsletter of the Madagascar Section of the IUCN/SSC.

OMD. 2007. Rapport national de suivi des OMD – 2007 : Vision 2015, Madagascar. 126 pages

Primate Specialist Group. ISSN 1608-1439. 57 pages.

Raonintsoa P., Rakotoarisoa J.N., Grabener J., 2012. Etat des lieux de la gouvernance forestière à Madagascar. Rapport d’atelier de l’Alliance Voahary Gasy. 25 pages.

Schmid, J. et L.E. Alonso (eds). 2005. Une évaluation biologique rapide du corridor Mantadia-Zahamena à Madagascar. Bulletin RAP d’Evaluation Rapide 32. Conservation International. Washington, DC. 197 pages.






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