Quels enjeux doivent être entrepris pour la jeunesse africaine d'ici 2030 ? - Article collectif des blogueurs

Publié 24 août 2014 no picture

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Aujourd'hui, en 2014, le rôle de la jeunesse commence petit à petit à se placer en tant que préoccupation importante de la politique mondiale. L’Afrique est le continent qui compte le plus grand pourcentage de jeunes. Selon un rapport récent de l’UNICEF, Génération 2030/Afrique, Près de 2 milliards de bébés naîtront en Afrique d’ici 35 ans, et près d’un milliard d’enfants –environ 40 % du total de la planète – vivront en Afrique d’ici le milieu du siècle.

De nombreuses avancées sont réfléchies, prises, avec parfois le succès espéré, parfois non.

Les blogueurs stagiaires à la Voix des Jeunes se penchent aujourd'hui sur le sujet « Quels enjeux doivent être entrepris pour la jeunesse africaine d'ici 2030 ? » dans un article collectif, avec chacun ses prévisions et ses opinions, pour une meilleure intégration de la jeunesse dans notre société.

Chaimaa Kitmir, Maroc

Le Maroc, comme tout autre pays africain, bénéficie d’une population jeune, qui représente 30% de la population totale. L’enjeu principal de cette jeunesse est l’éducation. Une récente enquête de la Banque Mondiale a révélé que près de la moitié de la jeunesse marocaine des 15 à 29 ans n’est ni scolarisée, ni active. Les données sur les jeunes montrent que les niveaux d'exclusion des jeunes au Maroc sont encore très élevés : seuls 62% des jeunes sont enregistrés au niveau du secondaire, 200 000 jeunes abandonnent l’école chaque année, 13 % des jeunes scolarisés dans la première année obtiennent leur diplôme 12 ans plus tard et 68% des cas séropositifs sont âgés entre 15 et 39 ans.

Aussi, le niveau de méfiance vis-à-vis des institutions publiques augmente, et la participation des jeunes à la vie politique reste encore très faible : seulement 8% des jeunes sont membres d’une ONG, association ou mouvement, et 1.3% sont affiliés à un parti politique ou organisation syndicale. Cela montre que les jeunes au Maroc n’accèdent pas au pouvoir, et n’arrivent pas à prendre des décisions qui concernent leur avenir. Ajoutons à cela qu’ils se retrouvent sans formation ni qualification et c’est ce qui les exposent par la suite au chômage et à l’exclusion sociale

Cela met en exergue les besoins de ce groupe de la population en matière d’éducation, de formation, d’emploi, de participation, de santé, … et la nécessite d’un engagement intégral de la part de tous les acteurs concernés au niveau national.

Baba Mahamat, Centrafrique

La jeunesse est l’âge auquel beaucoup de personnes aspirent à une vie décente et de meilleures conditions de vie. La jeunesse d’Afrique et du monde rencontre de plus en plus de problèmes pour s’émanciper. De nos jours, le monde connaît d’incessantes mutations. Mais au-delà de bonnes actions, les actions négatives de l’homme rendent parfois l’homme inhumain dans les faits. Nous vivons dans un monde où conflits armés, pauvreté endémique, famine, analphabétisme, manque d’amour, sécheresse sont les mots maîtres. En tant que jeune, je voudrais que l’horizon 2030 apporte pour la jeunesse du sang neuf, de nouvelles perspectives, de nouveaux projets, de nouvelles idées. Que ce soit plus de réalisations, plus de projets structurants tenant compte de la jeunesse, plus de travail pour les jeunes, plus d’opportunités d'entrepreneuriat des jeunes… bref, plus d’intégration des jeunes dans la vie socio-économique des pays d’Afrique et du monde. Mais pour cela, la jeunesse doit croire à sa potentialité, saisir les opportunités qu’on lui offre, montrer ses talents, booster sa créativité, être maître de son destin. Vivement une jeunesse responsable en 2030.

Murhula Zigabe, République Démocratique du Congo.

Mon pays s'appelle la République Démocratique du Congo. C'est un vaste territoire, un immense État qui se situe en Afrique centrale. On y trouve de l'or, du coltan, de la cassitérite, du diamant, de l'uranium, du pétrole...

Ses terres fertiles se baignent de toutes parts dans une multitude de cours d'eau aux débits terribles. La pluie y tombe abondamment grâce à sa flore qui abrite une faune susceptible de faire tourner l'industrie du tourisme.

Cependant, la R.D. Congo abrite l'un des peuples les plus pauvres de la planète: un bon nombre d'enfants ne vont pas à l'école, le paludisme et la malnutrition y ravagent d'autres et ceux qui survivent ont très peu de chances d'échapper à la rue vu la misère qui frappe les familles dont ils sont issus. Cette situation se justifie par l'impunité dont jouissent ceux qui détournent les deniers publics.

De 2014 à 2030: c'est un temps qui peut suffire pour sauver le pays, ou le ruiner.

Mon continent s'appelle l'Afrique. D'après la Banque Mondiale, plus de la moitié de la population qui l'habite est constitué de jeunes âgés de moins de 25 ans (http://live.worldbank.org/african-youth-forum-2014). Comme la démographie est un déterminant politique d'une très grande importance, ces jeunes deviennent alors une puissante force capable de changer le cours des choses en Afrique. A eux de décider.

De 2014 à 2030: c'est un temps qui peut suffire pour sauver le continent ou le ruiner.

Nephalty Pierre-Louis, Haïti

En tant qu’Haïtien, j’ai décidé d’avoir un regard spécial sur l’Afrique car c’est la terre de mes ancêtres. Considérons le continent africain comme un verre à moitié plein posé sur une table. La partie vide du contenant est pour moi tous ses problèmes et le contenu est tout son potentiel. La majorité des observateurs voient toujours la partie vide du verre pour l’Afrique. C’est-à-dire le côté qui représente les guerres civiles, la pauvreté, les maladies et tant d’autres maux que fait face cette partie du monde. Ces sujets nourrissent les débats partout, surtout à travers les medias. Cependant, rares sont les gens, comme moi, qui regardent l’autre partie du verre qui représente ses ressources et ses atouts. Je pense que c’est la première approche qui fait que les initiatives prises par les gouvernements et la communauté internationale, jusqu’à présent, n’apportent pas de grands changements. Ils viennent souvent avec des solutions préconçues de l’extérieur pour venir affronter les problèmes de l’Afrique pour les africains.

Laissez-moi prendre un bref exemple. Près de 2 milliards d’enfants naîtront en Afrique entre 2015 et 2050. La moitié de la population africaine a moins de 20 ans; en 2015, 15 pays africains auront une population composée en majorité d'enfants de moins de 18 ans. Toutes ces données semblent effrayées et sont considérées comme des problèmes. Des solutions extérieures sont apportées comme l’encouragement des méthodes contraceptives, planification familiale et l’utilisation de préservatifs. Cependant quel est l’atout que donne un continent jeune? Moi je dis que c’est une aubaine, dans la mesure où cette densité de jeunes apportera de la diversification aux peuples africains et de différents types de talents. Maintenant, ce sera aux gouvernements de mener des politiques publiques pour les jeunes afin de les encadrer, leur permettre de s’exprimer et d’évoluer. Ceci en collaboration avec tous les secteurs. Le rôle de l’international sera simplement d’apporter le support technique et financier nécessaire. Voilà ce que j’espère pour la génération 2030, qu’ils puissent bénéficier de cadres adéquats qui pourront pleinement mobiliser la force de changement qu’ils représentent.

Pour terminer, et aussi montrer que les enjeux concernant la jeunesse dépassent les frontières et les continents, une contribution de la France :

Mathieu Saurin Bihan, France

La France est un pays comptant dans la population un peu plus de 8 millions de jeunes (soit environ 13 % de la population), selon une étude de 2009.

Parmi ces 8 millions de jeunes, 20 % d'entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté (soit 880 euros par mois). Cette jeune population compte 550 000 demandeurs d'emploi, dont la plupart ne touchent même pas d'indemnisation leur permettant de subvenir à leurs besoins.

Cette statistique alarmante prouve bien une chose : en France, malgré les avancées que l'on puisse avoir sur plusieurs domaines par rapport à d'autres pays, on ne prête pas assez attention aux problèmes de chômage.

Ici, pays où la plupart des jeunes ont leur baccalauréat en fin de scolarité, ils sont souvent laissés, en quelque sorte, à l'abandon, juste après.

Le nombre de travaux disponibles avec un simple baccalauréat est extrêmement faible, ce qui réduit donc les jeunes à faire des travaux saisonniers, des « petits boulots », le temps d'une formation, qui parfois décourage, parfois s'avère impossible…

Je pense que sur ce quoi mon pays doit se préoccuper principalement pour la jeunesse, ce sont les inégalités du travail ainsi que les inégalités économiques qui en suivent.

D'ici 2030, il nous reste 16 ans, ce qui est largement suffisant pour que le pays prenne de bonnes décisions.




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