Réduction des frais de Transferts de fonds vers l’Afrique – Les pistes de la Banque Mondiale

Publié 31 janvier 2013 no picture Rodrigue Koffi

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Le phénomène de la circulation des personnes d’un pays à un autre, d’un continent à un autre, n’est pas uniquement une importante question dans les défis de politique interne des pays qui accueillent ces personnes. Il s’agit aussi d’un sujet d’intérêt non négligeable pour les pays dont sont originaires ces personnes installées à l’étranger, et qui constituent pour ceux-là cette catégorie de ressortissants qu’on qualifie de diaspora. En effet, ils sont bien souvent de véritables acteurs dans l’économie de leurs pays d’origines et des soutiens financiers de premier plan pour leurs familles et proches restés sur place. Cette importance se traduit par les transferts de fonds qu’ils réalisent vers leurs pays d’origine.

En 2012, on estime à 60 milliards de dollars US le montant que les travailleurs africains expatriés ont envoyé à leurs familles afin de contribuer à l’amélioration de leurs conditions en aidant à un meilleur accès aux services sociaux de base et à titre de contribution aux charges quotidienne. Selon la Banque mondiale, au-delà de ce aspect, « cette transaction simple et répétitive qu’est le transfert d’argent vers le pays d’origine n’est pas qu’une source de revenus, c’est aussi une source de réconfort et de soutien par laquelle les travailleurs émigrés transmettent l’espoir d’un avenir meilleur et le sens de l’attachement familial ».

Malheureusement, les coûts excessifs des frais de transfert réduisent le montant des fonds susceptibles d’êtes reçus par les bénéficiaires. Ainsi, en décembre 2012, la Banque Mondiale note que ces frais ont atteint 11,89 % du montant transférés. Ce qui équivaut à dire que, « plus de 7 milliards de dollars sont « perdus » en frais associés à la prestation de service. »

Afin d’aider à trouver une solution pour réduire le coût des envois de fonds vers l’Afrique, la Banque Mondiale a lancé en 2011 la base de donnes "Send Money Africa" « qui vise à répertorier les frais d’envoi associés au transfert de fonds vers l’Afrique ».

Aujourd’hui, cette institution qui "œuvre pour un monde sans pauvreté" conclut que la réduction des frais de transfert est possible. Il suffit « de mettre en œuvre des mesures concrètes pour abaisser le coût des transactions en procédant à des réformes d’ensemble portant sur les points suivants : la transparence, la concurrence, la suppression des obstacles juridiques, l’amélioration de l’infrastructure des systèmes de paiement et l’amélioration de la gouvernance et de la gestion des risques pour les prestataires de services d’envoi de fonds* ».

Mais cette stratégie doit-elle se faire au détriment des opérateurs de transferts qui, ne l’oublions pas, ont eux aussi des familles (actionnaires ou associés, agents employés sur les sites pour ne citer que ceux-là) à faire vivre ? La Banque Mondiale répond par la négative en relevant que « la réduction des coûts n’entraînera pas forcément une compression des bénéfices pour ces derniers, car le coût des services dépend souvent de facteurs extérieurs. En revanche, une baisse des coûts entraînera une intensification des transactions de la part des travailleurs expatriés, et, partant, une augmentation du volume à traiter par les prestataires de services ».

Quant aux travailleurs émigrés, « ces mesures pourraient [leur permettre] d’économiser des millions de dollars de frais de transaction et d’en faire bénéficier leurs familles dans le besoin. C’est aussi simple que cela ! »

Espérons que cette piste proposée par la Banque Mondiale sera suivie de quelques initiatives pratiques sur le terrain pour la réduction de ces frais d’envois.

© UNICEF/LAOPDR04615/JIM HOLMES




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