Réflexion sur les mutilations génitales féminines (MGF) et le mariage des jeunes filles et les moyens de lutte contre ces pratiques.

Publié 22 juillet 2014 Avatar N'Gbandama-Koffi Désirée

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Un vieil homme et une jeune fille mariés.

Un vieil homme et une jeune fille mariés.

A l'occasion d'un concours de plaidoirie fictive organisée lors des journées festives de l'UCAO-UUA (journées qui se sont tenues du 10 au 12 avril 2014), concours portant sur les droits de l'homme et notamment ceux de la femme, des enfants et de la population, j'ai pu me rendre compte de combien les jeunes filles souffrent des pratiques telles les MGF et le mariage précoce.

Le mariage précoce est dangereux et, contrairement à ce que ses tenants peuvent penser, n'est pas fait pour aider les jeunes filles. Est-il juste qu'une fille n'ayant même pas encore atteint l'âge de la majorité et qu'ainsi son corps soit apte à la procréation sans conséquences pour elle puisse se marier? Mais surtout, pourquoi est-ce à la jeune fille que ce mariage est imposé?

Ces questions témoignent de la déception que l'on peut avoir face au constat malheureux de ce mariage qui malgré les efforts réalisés (http://www.rfi.fr/afrique/20131204-benoit-kalasa-le-mariage-precoce-est-une-violation-droits-fondame... ) persiste toujours.

Pareil constat est fait aussi pour les MGF. Des jeunes filles voient leurs organes génitaux torturés et cela est soutenu par le fait qu'il est de leur intérêt, de celui de la cohésion sociale afin qu'elles soient plus vertueuses. C'est donc parce que les tenants de cette pratique ont à l'esprit d'assurer un bon avenir à ces filles qu'ils pratiquent ces actes.

Mais de quel avenir parle-t-on lorsqu'on constate les risques auxquels ces filles sont exposées? Quel avenir réserve-t-on à un nourrisson, qui étranger à ce monde, n'a même pas encore eu les capacités nécessaires pour achever son processus de formation?

Il est aberrant de constater que des nourrissons sont aussi mutilés. C'est une honte pour ceux qui agissent ainsi car c'est un crime que de faire subir de telles souffrances à un bébé. Pis, il est plus facile qu'il meure vite que s'il avait grandi un peu. (http://www.unicef.org/french/protection/files/Mutilations_Genitales.pdf ).

Peut-être est-ce pour assurer le mariage de ces filles parce que le constat est que c'est plus en zone rurale que l'on retrouve les victimes de cette pratique (et le danger est que de plus en plus cette pratique est médicalisée pour, dit-on, éviter les maladies telles que le SIDA); zone où les moyens financiers sont insuffisants pour permettre à le fille d'être mise à l'école pour recevoir une éducation civile de base ! Peut-être est-ce pour respecter les coutumes ancestrales et éviter de subir le courroux des ancêtres que ces filles voient leur intégrité physique être mise à mal !

Qu'importe les raisons de cette pratique, elle n'entraîne rien de bon pour les jeunes filles mais au contraire leur ôte, parfois à tout jamais, leur innocence et leur jeunesse.

La jeune fille doit être éduquée par ses parents, elle doit l'être ensuite à l'école où elle recevra les outils nécessaires à la construction de son avenir, elle doit pouvoir vivre sans contrainte aucune. Nous estimons que c'est ce à quoi invitent les instruments juridiques internationaux qui militent en faveur des droits de l'homme et plus particulièrement de la femme tels le Protocole de Maputo, la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discriminations à l'égard de la femme, les Pactes internationaux sœurs de 1966, etc.

C'est également pour lutter contre ces pratiques que par exemple dans mon pays (la Côte d'Ivoire), la fille ne peut se marier qu'à partir de 18 ans révolus ( article 1 loi du 2 août 1983 relative au mariage, sauf dispense ), les MGF sont interdites et punies par la loi du 23 décembre 1998 portant sur la répression de certaines formes de violences à l'égard des femmes. Des campagnes de sensibilisation et de lutte contre les MGF ont été entreprises et ont permis de les réduire quelque peu. Cependant, le véritable effet escompté n'a pas été obtenu, en témoigne l'indignation de Monsieur DJEHON Mathurin, directeur régional du Ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et de l'Enfant de Man (ville de l'Ouest, région du Tonkpi) : "Les localités de Gbonné, Biankouma et Sipilou constituent cette région hostile. Nous les avons appelés le triangle de la résistance (http://www.afroconceptnews.com/2014/02/10/sante-cote-divoire-la-lutte-contre-les-mutilations-genital... ).

La seule chose à retenir est qu'une fille a le droit de grandir sereinement, de recevoir une bonne éducation qui lui permettra d'entrevoir un avenir. Sa place n'est ni dans un ménage dès le bas âge, ni dans un centre de santé où elle se relèverait des souffrances qu'elle aurait subi à cause des MGF ou pire encore dans une tombe.

Si les sanctions pénales sont aujourd'hui insuffisantes, il faut mettre l'accent sur une sensibilisation accrue des impacts négatifs de ces pratiques dont les sources (parfois la religion, et surtout la coutume) s'avèrent inexactes, ce serait plutôt l'ignorance du préjudice qu'elles causent. Parce qu’il faut le dire, le mariage précoce comme les MGF violent l’intégrité physique et morale des jeunes filles victimes et il faut que cela cesse définitivement parce qu’il n’est pas impossible d’y mettre fin, pourvu que les moyens soient mis en place et que la lutte se poursuive telle la pédagogie d’un enseignant à ses élèves.



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