Rencontre avec Lia, une jeune féministe engagée

no picture Stagiaire au UNHCR
Inès
Inscrit le 13 août 2017
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Cette année, à travers de nombreuses personnalités comme Emma Watson ou encore Jennifer Lawrence , le féminisme a pris une grande ampleur. Pendant les décennies, il a bouleversé la vision traditionnelle et conservatrice en promouvant l’émancipation des femmes. En effet, ce long mouvement a entre autres mené à l’instauration du droit de vote et du droit pour l’avortement. Que dénonce le féminisme? Qui sont les acteurs? Pourquoi s’engager? Pour y voir plus clair, j’ai décidé d’interviewer Lia, une jeune féministe et fondatrice de l'association “ONU Femmes” dans son université en 2016.


1) Lia, peux-tu te présenter?

Je m’appelle Lia, je suis française et italienne et j’ai immigré au Canada, à Montréal y a 3 ans pour faire mes études. Je suis actuellement étudiante en DESS de gestion à HEC Montréal et j’ai un baccalauréat en communication à l’Université de Montréal. Mes études m’ont données de nombreuses opportunités de m'impliquer dans la vie étudiante, d’acquérir de l’expérience dans le communautaire et d’être bénévole pour de nombreuses fondations à Montréal. C’est de là que me vient une grande partie de mon engagement. C’est d’ailleurs grâce à l’Université, à travers les cours sur le féminisme et aux comités et associations que j’ai commencé à m’impliquer dans des causes qui étaient liées au droit des femmes et que je me suis orientée vers le féminisme.


2) Selon toi, que veut dire être féministe? Est-ce réservé aux femmes?

C’est une question importante à laquelle on est souvent confrontées en tant que femmes, et en tant que féministe. Etre féministe, si on prend la définition c’est simplement de vouloir l’égalité des hommes et des femmes. A partir de là, bien sur que ce n’est pas réservé aux femmes,au contraire le féminisme encourage tous les hommes à se joindre à nous. Je pense en disant ça par exemple au mouvement He for She de l’ONU Femmes, dont Emma Watson est l’ambassadrice. Ce mouvement appelle les hommes à se mettre aux côté des femmes pour se diriger vers un mode égalitaire. Le jour où l’égalité sera atteinte, pas seulement les femmes en seront bénéficiaires, mais les hommes aussi. On peut prendre un exemple concret : l’égalité des salaires, si les femmes étaient autant payées que les hommes à égalité de compétence et d’emploi, les foyers auraient plus d’argent, c’est positif autant socialement qu’économiquement.


3) Depuis quand portes-tu un intérêt pour le féminisme? Pourquoi avoir créé un groupe ONU Femmes dans ton Université ?

Je pense avoir toujours été féministe de par mon éducation, ma famille etc mais j’ai commencé à me dire « féministe » au lycée: quand j’ai réellement compris toute la force, et l’histoire que portait le mot féministe. Etre féministe c’est être dans les pas de toutes les grandes femmes de ce monde qui ont revendiqué et qui se sont battues pour les droits qu’on a aujourd’hui. Ces mêmes droits qui nous paraissent évidents, alors que ça ne l’est que depuis peu. Le mouvement féministe, c’est une histoire de courage, de force et de sacrifice.

J’ai créé l’ONU Femmes à l’Université de Montréal en partenariat avec une amie, on voyait depuis quelques temps des événements de UN Women Mcgill et je me disais « Oh mais pourquoi on a pas ça à l’Udem ? ». Ainsi, j’en ai discuté avec elle et on a décidé de se lancer dans le projet. Notre mission c’est justement de transmettre le plus d’information possible pour que les étudiants puissent se faire une idée réaliste et moderne de ce qu’est le féminisme aujourd’hui, de sa diversité, de son évolution et son intersectionnalité (qui prend en compte toutes les différentes formes d’oppressions qu’une personne peut subir). Une de nos petites victoires c’est de réussir à discuter avec des personnes plus réfractaires au mouvement et de réussir à instaurer un dialogue constructif, voir de les encourager à assister à une de nos activités, en général ces mêmes personnes repartent en ayant une image plus juste, plus réelle du féminisme.


4) As-tu des femmes modèles qui t’inspirent?

Je dirai Eleonore Roosevelt et Georges Sand sont mes deux modèles, mais il y a de plus en plus de célébrités ou de personnalités connues qui sont féministes. Des mannequins, des personnalités publiques, des artistes. Je pense que les mentalités commencent à évoluer positivement, mais d’un autre côté il y a l'effet de “mode” qu’a le féminisme en ce moment à cause de la commercialisation du mouvement par des marques.


5) Que réponds-tu aux personnes qui disent que les féministes pensent être supérieures aux hommes?

Qu’ils n’ont qu'à ouvrir un dictionnaire pour regarder la définition, et venir nous rencontrer. Non mais plus sérieusement, cette idée vient du fait que comme tout mouvement politique, c’est souvent les groupes plus extrêmes qui font parler d’eux et colorent la vision qu’ont les gens d’un mouvement plus global, notamment par les médias ou les réseaux sociaux. Penser que les femmes sont supérieures aux hommes c’est aller à l’encontre de la vision égalitaire que prône le féminisme.


6) Pourquoi s’engager en 2017? Comment les lecteurs peuvent s’engager pour le féminisme?

Tout simplement parce que c’est important, et que tant qu’il y aura des inégalités il faudra continuer à défendre les droits des femmes. On a souvent l’impression que dans nos sociétés moderne les femmes ont déjà tous les même droits que les hommes et qu’il s’agit d’un problème qui concerne plus des pays « éloignés » de nous, mais la réalité est toute autre, dans la vie d’une femme il nous arrive à toutes à un moment donné de subir des discriminations, que ce soit au travail, à l’école ou même dans la rue. Je les invite à rejoindre ou soutenir les groupes féministes locaux ou s’impliquer auprès d’organismes qui soutiennent la cause des femmes, il y a de nombreuses associations, comités, fondations ou centres spécialisés dans le droit des femmes et qui cherchent des bénévoles. Participer et donner de son temps est une très bonne façon de s’engager.


7) Quels sont tes souhaits pour toutes les femmes?

Que le fait d’être une femme à travers le monde ne soit plus jamais un frein dans la vie mais devienne une force, et une fierté.


En conclusion, Lia nous a permis de défaire certaines idées sur le féminisme: il n’est pas réservé aux femmes et prône l’égalité des sexes et non la supériorité des femmes. Comme elle le propose, s’engager est important pour réduire les inégalités encore existantes dans de nombreux domaines. Alors, qu’attendez vous?





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