Sida 2012 : mobilisation mondiale pour éradiquer le VIH

Publié 24 juillet 2012 no picture Rodrigue Koffi

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Depuis ce dimanche 22 juillet 2012, Washington (Etats-Unis) accueille la Dix-neuvième Conférence Internationale sur le sida. Ce sont plus de 25 000 délégués venus d’au moins 190 pays, qui sont rassemblés jusqu’au 27 juillet prochain dans un but bien précis : créer une mobilisation mondiale pour éradiquer le VIH.

Avant le début de cette conférence de haut niveau, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) avait publié un nouveau rapport intitulé «Ensemble nous vaincrons le sida». Celui-ci montre que le montant des fonds nationaux consacrés à la lutte contre le VIH a dépassé celui des investissements internationaux. Dans un communiqué publié sur son site, l’ONUSIDA relève que pendant que les financements internationaux sont restés globalement stables, 81 pays ont augmenté de plus de 50 % leurs investissements nationaux consacrés au sida entre 2006 et 2011. Dans ce contexte, l'ambassadeur Eric Goosby, coordinateur pour les États-Unis de la lutte mondiale contre le sida indique qu’"il est évident que ce n'est pas le moment de ralentir les efforts déployés au niveau international pour lutter contre le sida. Il faut au contraire tirer profit des progrès accomplis pour enfin aboutir à une génération sans sida".

Le renforcement de l’engagement de la communauté internationale s’impose dès lors que les défis restent encore importants. Selon l’ONUSIDA, en 2011, 34,2 millions de personnes vivaient avec le VIH (PVVIH), dont 2,5 millions étant des nouveaux infectées par le VIH pour cette dite année. Pis, les jeunes de 15 à 24 ans représentent 40 % des nouvelles infections à VIH chez les adultes (15 ans et plus).

L’Afrique subsaharienne reste la partie du monde la plus touchée par cette épidémie : 23,3 millions des PVVIH (soit plus de 6% des données mondiales), et 91 % des 3,4 millions d’enfants de moins de 15 ans infectés y résident.

En plus, si cette région a enregistré les progrès les plus spectaculaires en termes de nombre de personnes bénéficiant de traitement (augmentation de 19 % en 2010-2011 à 56 % des éligibles), l’Afrique connaît une hausse de la résistance aux traitements antirétroviraux. Selon Jeune Afrique, « en Afrique orientale, la résistance a cru au rythme de 29% par an, pour atteindre une prévalence de 7,4% au bout de 8 ans contre 1% au départ. En Afrique australe, la croissance a atteint 14% par an, avec une prévalence passant de 1% à 3% au bout de six ans.»

Ainsi, pour éradiquer le Sida, l'Afrique a besoin de traitements plus efficaces et plus coûteux. En plus, il faudrait avoir un autre regard sur l’épidémie du sida en Afrique, car ce n’est pas uniquement une affaire de sexe.

Sur l’espace Agence de presse Francophone qu’elle a initié pour permette aux francophones de suivre la Conférence de Washington, l’Association française Sidaction présente la position de l'économiste américaine Eileen Stillwaggon.

Pour celle-ci « l'étude de la sexualité en Afrique, et de son rapport avec le VIH, est encore largement marquée par un imaginaire hérité de l'époque coloniale. Ainsi les recherches visant à identifier les principaux moteurs de l'infection en Afrique sub-saharienne se sont surtout concentrées sur des hypothèses (début précoce d'activité sexuelle, nombre de partenaires, fréquence élevée de relations sexuelles simultanées) en lien avec une sexualité supposée surdéveloppée et « hors de contrôle » caractérisant les femmes, et surtout les hommes africains. Or, plusieurs études comportementales ont démontré qu'il n'en est rien, que ces comportements « à risque » ne sont pas plus répandus en Afrique qu'ailleurs.» Il faut plutôt arrêter d’ignorer le rôle jouer par d'autres «cofacteurs » comme le paludisme, le ver de Guinée qui rend des millions de femmes africaines plus vulnérables face au sida.

© UNICEF/NYHQ2012-0693/Susan Markisz -United States of America, 2012




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