Sida : Il faut fédérer à nouveau les énergies

Publié 8 juin 2012 User_image_bg Rodrigue


En 2012, Solidarité Sida, une association où "l’enthousiasme et la détermination sont au service d’utopies", fête ses 20 ans. En pleine préparation du célèbre Festival Solidays, Hélène Roger, chargée des programmes internationaux, a bien voulu répondre à La Voix des Jeunes.

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Pouvez-vous nous présenter Solidarité Sida ?

Créée le 19 octobre 1992, Solidarité Sida est une association à but non-lucratif. Si elle est surtout connue pour ses événements de mobilisation, c’est avant tout une association de lutte contre le Sida qui se bat depuis plus de quinze ans pour sensibiliser les jeunes en France, et pour soutenir les malades les plus démunis en France comme à l’international. Notre mission est axée autour de 4 grands principes :

-Le soutien aux associations d’aide aux personnes vivant avec le VIH en France et à l’étranger

-La prévention auprès des jeunes en France

-L’organisation d’événements de sensibilisation et de récolte de fonds

-La mobilisation pour convaincre de la nécessité d’un accès généralisé aux traitements dans les pays en voie de développement et d’un accès aux soins pour tous en France

A l’international, Solidarité Sida apporte un soutien financier, un suivi de projet et un appui technique à des associations locales intervenant dans la lutte contre le sida. Solidarité Sida a décidé de "faire avec et non à la place" de ses partenaires, convaincue que les associations locales sont les mieux à même d’identifier les besoins les plus urgents mais aussi de construire les réponses les mieux adaptées pour y répondre.

Comment faites-vous pour demeurer "Des jeunes contre le sida" comme l’indique votre slogan ?

La jeunesse à Solidarité Sida, ce sont près de 3000 bénévoles qui incarnent une génération qu’on dit souvent « sans idéaux » mais qui est plus volontaire, plus réaliste et plus solidaire qu’on veut bien le croire. S’ajoutent les jeunes à qui nous adressons des messages de prévention et les jeunes festivaliers qui viennent assister à Solidays.

Mais globalement, à Solidarité Sida, l’enthousiasme et la détermination sont au service d’utopies : malgré l’étendue de l’épidémie du sida, il n’y a pas de fatalité et chacun, à sa façon, peut contribuer à faire reculer la maladie. Et le combat peut aussi se mener dans un esprit de fête et de partage.

Quels sont les grands défis auxquels les différentes organisations et les pays dans lesquels vous intervenez doivent faire face ?

Tout d’abord il y a bien sûr la crise des financements : suite à la crise financière de 2008, les bailleurs et les pays ont réduit leurs enveloppes de soutien aux grands organismes multilatéraux et les fonds privés ont également connu des baisses assez drastiques. Cela a bien évidemment un impact sur nos partenaires qui doivent batailler deux fois plus pour mener leurs activités et assurer aux bénéficiaires des soins et des services de qualité.

Cette situation fait peser de grandes inquiétudes non seulement sur la possibilité de continuer à donner des traitements aux personnes qui en bénéficient déjà, représentant la moitié de ceux qui en ont réellement besoin, mais aussi sur les programmes de prévention qui risquent d’être ralentis. Ce qui serait un grand retour en arrière.

J’ajouterai qu’on assiste également à un certain épuisement des acteurs : la lutte contre le sida a eu les meilleurs résultats de tous les Objectifs du Millénaire pour le Développement, notamment grâce au plaidoyer et à la mobilisation. Mais aujourd’hui, Il faut fédérer à nouveau les énergies et trouver de nouvelles réponses, de nouveaux modes d’action. C’est notre défi pour l’avenir.

Du 22 au 24 juin prochain, vous organisez le traditionnel Festival Solidays. Que promettez-vous aux festivaliers de cette année ?

Événement majeur de récolte de fonds pour Solidarité Sida, Solidays permet chaque année à l’association de poursuivre son combat au profit des malades les plus démunis et de leurs familles, dans plus de 20 pays. Solidays est un mélange de musique et de temps forts, d’espaces où se rencontrent festivaliers et militants : 80 concerts avec une programmation rock et sexy (de Birdy Nam Nam à Shaka Ponk et Garbage en passant par Tinariwen, Tiken Jah Fakoly, Amadou et Mariam, Ben Howard ….), mais aussi un village associatif avec plus de 100 associations présentes, une exposition de sensibilisation et de prévention, et un forum pour les débats d’idées et les rencontres. Sans oublier des temps pour rendre hommage (Hommage aux associations) ou pour se recueillir (Cérémonie du Patchwork des noms, en hommage aux personnes décédées du sida). Bref, on leur promet de ne pas s’ennuyer !!




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