Syrie : combien de morts faut-il pour obtenir cette résolution du Conseil de sécurité ?

Publié 16 décembre 2011 User_image_bg Rodrigue


Le 13 décembre dernier, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, actuellement présidé par la Russie, la Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a fait un nouveau point de la situation en Syrie. Madame Navy Pillay a ainsi annoncé que le chiffre de 5 000 personnes tuées a été dépassé enSyrie. Pouvait-il en être autrement quand on sait que, depuis le début des mouvements de protestations en mars 2011, et malgré les nombreuses sanctions des Nations Unies, de la Ligue Arabe, des Etats-Unis et de l’Union Européenne, le régime du Président Assad opte systématiquement pour la répression et le massacre des populations contestataires? Non seulement des moyens disproportionnés (tirs à balles réelles, chars, snipers, voire des navires comme ce fut le cas pour la ville côtière de Lattaquié) sont mobilisés à cet effet, mais ce massacre se fait aussi au nez et à la barbe du monde entier.

Un peu plus de neuf mois après le début de la contestation, la Syrie semble au bord d’une guerre civile. De plus en plus de soldats déserteurs combattent aux côtés des populations civiles. Ce 15 décembre, selon le site d'Euronews, ils auraient tué 27 soldats restés fidèles au régime de Damas.

Déjà 5 000 morts, dont 300 enfants, mais ce décompte macabre n’est pourtant que provisoire puisque la répression continue. Des morts sont dénombrés quotidiennement. Que faut-il de plus pour convaincre le Conseil de sécurité de voter cette résolution de condamnation du régime de Damas ?

L’Ambassadeur de France à l’ONU, Gérard Arraud, a exprimé toute sa colère après la lecture du «rapport le plus épouvantable» qu’ait entendu le Conseil de sécurité depuis au moins deux années. Monsieur Arraud estime que «l’ONU est moralement responsable de ce qui se passe aujourd’hui en Syrie», après avoir dénoncé le caractère «scandaleux» de l’inaction dudit Conseil «du fait de l'opposition de certains membres, du fait de l'indifférence des autres». En tête de ceux-ci figurent la Russie, la Chine et l’Inde. Le 4 octobre dernier, ils ont en effet fait échouer l’une des dernières tentatives de faire voter cette résolution tant attendue.

Depuis des semaines, nous ne demandons pas la lune aux membres du Conseil de sécurité, surtout à la Chine et à la Russie (membres permanents et donc disposant du droit de veto). Nous ne demandons pas l’envoi de troupes à Damas pour « déloger » l’élément Assad. Nous ne demandons pas non plus la proclamation d’une zone d’interdiction aérienne. Nous demandons tout simplement, si cela peut être qualifié ainsi, que le Conseil de sécurité affirme son engagement pour une humanité solidaire et son statut de garant des Principes U-NI-VER-SELS des Droits de l’Homme.

Aujourd’hui, paraphrasant le Président américain Barack Obama qui se prononçait sur la situation de la Côte d’ivoire début 2011, nous pensons que nous avons dépassé la «faillite morale» en Syrie et que le silence du Conseil de Sécurité pourrait être interprété comme une véritable indifférence. Dans une chronique intitulée Syrie: la diplomatie contre les peuples, un grand classique. Hélas..., le directeur délégué à la rédaction du quotidien L’Express constate que «le massacre continue en Syrie, et nos yeux horrifiés ne retiennent pas les mains des bourreaux. A terme, la Russie et la Chine paieront cher leur attitude, mais combien d'innocents vont encore tomber d'ici là?».




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