Un centre pour me reconstruire

Avatar Pona Bana
Inscrit le 15 janvier 2014
  • 61 Articles

"On se dit de laisser le passé au passé et de regarder seulement vers l’avenir."

Je m’appelle Marie* et j’ai 14 ans. Après avoir rejoint une milice dans la région du Kasaï, en République Démocratique du Congo, j’ai trouvé refuge dans un centre d’accueil pour jeunes filles. Je rêve d’un avenir de paix car depuis quelques mois, ma Province est devenue le terrain des affrontements entre les milices et les forces de sécurité du Gouvernement.

Et qui sont les premières victimes ? Nous, les enfants ! Blessés, tués, privés d’école et de soins de santé, recrutés au sein des milices, nous sommes les victimes de ce conflit qui nous dépasse.

Souvenirs d’une époque où tout allait bien

Je repense souvent à mon enfance car je regrette l’époque où ma mère était encore en vie. Elle prenait soin de moi et, comme j’étais l'aînée de la famille, je faisais tout avec elle et j’apprenais à mes petites sœurs. J’allais à l’école aussi, mes cours préférés étaient l’anglais, le français, l’histoire et les mathématiques. J’étais vraiment heureuse. Maintenant que ma mère est décédée et que mon père est parti en Angola, tout a changé.

Je veux devenir couturière comme ma mère

Le centre me prend totalement en charge, c’est ma nouvelle maison. On m’achète des habits et des chaussures, on me nourrit, on me donne du savon pour me laver et pour nettoyer mes habits.

Toutes les activités qu’on fait au centre me permettent d’oublier le passé. On nous a promis qu’on pourra étudier aussi. Je rêve de pouvoir étudier car si j’étudie, je pourrai devenir couturière comme ma mère.

Elle me disait toujours qu’avec sa machine à coudre, elle était libre et ne devait pas attendre la fin du mois pour être payée : « tu fabriques, tu dépenses et tu économises ». Avec ma machine à coudre, je serai libre et j’aurai un avenir meilleur.

Une nouvelle famille pour faire face à l’avenir

Je me sens soulagée et consolée d’être au centre avec les autres filles et les encadreurs. Parfois, certaines filles du centre viennent me parler de leurs rêves. Je leur réponds alors que Dieu parle aux gens d’une manière ou d’une autre. Beaucoup de rêves sont illusoires. Les filles imaginent une situation pendant la journée, et la nuit, elles voient cette même situation dans leurs rêves.

Si je ne peux pas les aider, je les envoie parler avec nos encadreurs qui pourront leur donner de meilleurs conseils. Tous ensembles, on les aide aussi avec nos prières. Au centre, on forme une nouvelle famille avec les filles du centre, on s’est habituées à vivre ensemble.

Entre nous, on se donne des conseils. On se dit de laisser le passé au passé et de regarder seulement vers l’avenir.





comments powered by Disqus