Un jeune, une Voix! Ollie David, un enfant des rues qui s'est imposé comme leader pour aider les autres.

Publié 18 juillet 2013 no picture

Inscrit le 27 mars 2013
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C'est en République Démocratique du Congo qu' "Un jeune, une voix!" se rend cette semaine. Découvrez le parcours d'Ollie David, un enfant des rues qui a décidé en grandissant de prendre sa vie en main et de monter son association des jeunes de la rue, pour les jeunes de la rue. Un modèle de courage et de détermination!

Je m’appelle OLLIE DAVID LEV, je suis président provincial de l’AEJERC: association pour l’encadrement des jeunes et enfants de la rue du Congo. Je suis porteur d’espoir, créateur de richesse et de valeurs. Je suis celui qui rend le rire, le riche, le philosophe qui sait que l’Homme n’est Homme qu’au travers des autres. Je suis juste un « shegue » (enfant des rues).

J’ai été abandonné à l’âge de 7 ans, car on m’a accusé d’être un enfant sorcier. Apres plusieurs années dans la rue, j’ai été récupéré par un prêtre, j’ai suivi quelques années d’études, et ensuite on m’a chassé car je fus un enfant terrible.Je suis reparti dans la rue, dans le centre-ville de Kinshasa. De la rue, je me suis fait une histoire.

Je fus un grand mendiant, qui n’avait pas froid aux yeux. Mais l’âge avançant, les réalités ne sont plus les mêmes. En 2003, avec les autres grands frères de la rue on a créé AER, Association des Enfants de Rue.

- Parle-nous de cette association pour les enfants de rues. Comment l'as-tu créée? Quelles sont les actions menées? Comment vois-tu la suite des choses?

Quand nous sommes allés légaliser le statut, ils ont refusé de le faire, ils nous ont dit qu’une association de shegues pour les shegues c’est inutile pour la société.

Cependant, nous avons persévéré, et en 2004, avec Patrick Baby Litozo, on a créé AEJERC.

Aujourd’hui, l’association est grande, avec beaucoup de partenaires. Je ne peux pas changer ni oublier, mais juste avancer.

AEJERC est une base dans l’encadrement en milieu ouvert. On fait tout pour redonner l'espoir de formation, de réinsertion en famille, et on essaie de trouver des activités génératrices de revenus.

La suite des choses, je la vois en grand. Je compte être un modèle positif de changement et de regard sur soi-même.

- Quelles sont les attentes de la jeunesse de ton pays ? En quoi la participation des jeunes est, selon toi, nécessaire pour nos sociétés d'aujourd'hui?

Nous les jeunes, nous devons nous prendre en charge et décider de notre avenir et de celui de nos enfants. On doit arrêter d’être des spectateurs, ne pas accuser nos parents car chaque génération doit donner le meilleur d’elle-même.

De grands hommes nous ont donné l’indépendance, et nous qu’avons-nous fait pour protéger nos mamans, nos soeurs et nos fils ?

La jeunesse doit participer en toutes choses car c’est à la fois l’avenir et le présent. Nos parents aussi ne doivent pas oublier que mourir sans transmettre c’est partir en voleur

- Quelle est ta devise ou ta phrase/expression préférée? As-tu un conseil ou un message à faire passer aux autres jeunes?

Ma devise, qui et en même temps mon conseil aux jeunes, est que si on ne change pas le monde, le monde ne nous changera pas non plus. On a de l’amour dans nos cœurs et la sincérité comme vertu. On peut faire de ce monde un rêve au modèle de nos cœurs.

Lorsque le pouvoir de l’amour surpassera l’amour du pouvoir le monde connaitre la paix.

- Vous pouvez retrouvez d'autres interviews et vidéos d'Ollie sur Harunbuntu , sur Afrik.com , ou encore sur cette vidéo Youtube.





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