Un jeune de Mbandaka vous parle d’Ebola

Avatar Pona Bana
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Une des affiches de sensibilisation qu'on peut voir dans les rues de Mbandaka (© UNICEF RDC)

Une des affiches de sensibilisation qu'on peut voir dans les rues de Mbandaka (© UNICEF RDC)

Je m’appelle Simplice, j’ai bientôt 18 ans et j’habite à Mbandaka, chef-lieu de la Province de l’Equateur en République Démocratique du Congo. Je viens vous parler aujourd’hui de quelque chose qui a perturbé notre vie quotidienne : EBOLA.

Depuis le 8 mai 2018, nous faisons face à une épidémie d’Ebola. Lorsque j’ai entendu la nouvelle à la radio vers 18 heures ce jour-là, je me suis senti pris en otage. J’ai eu peur parce que c’est juste à côté de Mbandaka… Il n’y a qu’une centaine de kilomètres entre ma maison et Bikoro, épicentre de l’épidémie.

Ce n’étais pas la première fois que j’entendais parler de la maladie à virus Ebola. En 2014 déjà, ‘Ebola’ était dans toutes les têtes : une épidémie avait été déclarée dans le territoire de Boende, situé à environ 600 kilomètres de chez nous. J’avais interrogé un peu mon père mais comme c’était loin, je ne me suis pas trop intéressé à la situation. Donc ce fameux 8 mai, je ne savais pas vraiment ce qu’était Ebola.

Ebola nous a tous pris par surprise ! Heureusement, j’ai rapidement rencontré un médecin qui m’a expliqué tout ce qu’il y avait à savoir sur Ebola : les modes de transmission, les symptômes, le traitement, la vaccination et surtout les moyens de prévention. Eviter Ebola, c’est possible en adoptant des gestes simples !

Je ne comprends pas pourquoi tout le monde n’a pas encore adopté ces gestes : je vois encore trop de personnes se saluer avec la main, se serrer sur les motos ou ne pas se laver les mains… Ce sont pourtant des gestes faciles qui peuvent sauver des vies. 25 décès ont déjà été rapportés et je trouve que c’est beaucoup trop.

Il y a quelques années, j’ai été formé en tant qu’Enfant Reporter et j’ai donc décidé d’agir. J’ai commencé à sensibiliser les gens pour que tous adoptent les pratiques de prévention. Bizarrement, certaines personnes que je rencontre refusent de parler de la maladie, parce « lorsqu’on parle d’Ebola, Ebola vient ». Les superstitions ont la dent dure parfois !

Sensibiliser dans la rue, dans les écoles et les lieux publics, c’est bien. Mais je pense que nous devons beaucoup plus insister sur les sensibilisations à la radio. C’est un canal pour tous ! Lorsqu’on fait des sensibilisation porte-à-porte par exemple, on ne peut pas atteindre tout le monde, on devra cibler une rue, un quartier ou zone… A la radio, peu importe où se trouvent les gens, ils peuvent entendre nos messages. Bien sûr, dans certaines zones reculées, les populations n’ont pas accès à la radio. Nous devons alors nous mobiliser pour qu’ils accèdent quand même aux informations.

Chacun peut faire quelque chose contribuer à la lutte contre Ebola. Si chaque personne parle des méthodes de prévention à un autre personne, et que cette personne sensibilise une autre personne à son tour, tout le monde connaîtra les gestes à adopter !





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