Un regard et puis je passe mon chemin

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Cécilia P
Inscrit le 23 février 2017
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Tous les jours, je me cache derrière un voile d'indifférence. Chaque jour, je passe devant des mendiants dans le métro, souvent devant les mêmes, matin et soir. Il arrive que je puisse leur donner la monnaie que j'ai dans la poche, et ça me fait très plaisir de pouvoir le faire occasionnellement. Mais en toute honnêteté, le plus souvent je leur jette un regard, et puis passe mon chemin. Je me dis qu'étant étudiante un peu fauchée, je ne peux pas tout faire pour tout le monde. Ça ne m'empêche pas de me sentir coupable. Et de me sentir coupable ne m'empêche pas de ne rien faire, de continuer ma vie comme si de rien n'était. C'est un peu un cercle vicieux. Je sais pertinemment que je ne peux pas aider tous ces gens. Ils sont nombreux, trop nombreux: en France en 2016, on dénombrait 141 500 personnes sans domicile fixe. Je sais pertinemment qu'il y en a qui me touchent plus que d'autres. Je me demande, est-ce là un trait humain ou est-ce une partie de moi déshumanisée ?


C'est comme si inconsciemment je faisais un choix, pour qui j'ai de la compassion et pour qui je n'en ai pas suffisamment. Je sais que ces paroles peuvent paraître très dures, car elles sont assez abruptes. Pourtant quand je suis arrivée à Paris il y a de ça six mois, voir le nombre de sans-abris et mendiants m'a réellement choquée. Je n'étais pas habituée dans ma petite ville de province à une misère si visible et de telle ampleur.

Je pense qu'il y a deux raisons pour cette attitude que j'ai pu adopter. Personnellement, je suis très sensible aux situations d'inégalités. C'est pour moi une façon d'enfouir le fait que je ne puisse pas faire grand chose.


Et puis, j'ai remarqué quelque chose aussi. Ce matin, un homme est venu dans ma rame de métro pour demander de l'argent. Une femme a sorti son porte-monnaie, puis un homme, puis deux autres personnes. Il y a quelques semaines j'ai participé à une maraude dans Paris. Et dès que l'on commençait à s'approcher des sans-abris cela attirait quasiment automatiquement l'attention des passants. Inversement, si tout le monde passe son chemin alors cela ne fait qu'encourager l'inertie des uns et des autres.


A vrai dire, ces deux raisons sont complètement liées selon moi. Je suis certaine que beaucoup de gens sont comme moi, sensibles à la situation mais assez impuissants. Bien sûr ce serait naïf de croire que c'est le cas de tout le monde. Mais si c'est le cas d'au moins un pourcentage de la population, alors peut-être qu'il y a possibilité de faire quelque chose. Pour cette cause et pour d'autres problèmes de société.

Mais … par où commencer ?







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