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La vie d'un sans papiers

Posted on 08/24/11 by Anne

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La confession de José Antonio Vargas, récemment publiée dans le New York Times Magazine, a fait l'effet d'une bombe au pays de l'oncle Sam et de l'American Dream. Ce jeune et talentueux journaliste, originaire des Philippines, récipient d'un prix Pulitzer, avouait à la une d'un des hebdos les plus respectés du pays, son statut de sans papiers.

«Un matin d'août, il y a presque deux décennies, ma mère m'a réveillé et mis dans un taxi. Elle m'a donné une veste. 'Baka malamig doon' furent les quelques mots qu'elle échangea avec moi (qui signifie en tagalog «Il fera peut être froid là bas»)", conte-t-il.

Comme des millions d'autres parents, la mère de José Antonio Vargas espérait un avenir meilleur pour son fils. Âgé de 12 ans, José s'est envolé pour les États-Unis, pays dans lequel vivaient (en toute légalité) ses grands-parents. Pourtant, ce n'est qu'à l'âge de 16 ans, lorsqu'il est allé faire une demande de permis de conduire, que le jeune homme a découvert son statut de clandestin. La carte verte que lui avait donné son grand-père était une fausse. Ce dernier avait déboursé une petite fortune pour lui offrir de faux papiers et le faire venir aux États-Unis afin que José accède lui aussi au rêve américain...

Amoureux de son nouveau pays José Antonio Vargas a pourtant fait le choix d'ignorer la mauvaise nouvelle. Sa stratégie? Faire en sorte que l'Amérique prenne conscience que José était un citoyen modèle. Passionné par l'écriture, il est devenu journaliste. Pour obtenir des stages dans des quotidiens prestigieux (dont le Washington Post), il n'a pas hésité à présenter des documents frauduleux. Cependant, son secret est vite devenu un fardeau trop pesant. José a fini par se confier à quelques proches, au risque de perdre son travail et d'être expulsé du pays, avant de conter son histoire au reste du pays. Le jeune journaliste aurait pourtant pu continuer à gravir les échelons en toute illégalité. Pourtant, c'est en lisant l'histoire de quatre étudiants qui se sont rendus à pied de Miami à Washington pour promouvoir le Dream Act, projet de loi qui souhaite donner aux jeunes clandestins éduqués aux États-Unis la possibilité d'obtenir des papiers, que José a trouvé le courage de proclamer son illégalité à la une du New York Times magazine.

Comme 11 autres millions de clandestins aux États-Unis, José rêve de vivre sa vie sans avoir peur d'être renvoyé dans son pays natal où les jobs sont une denrée rare. La semaine dernière, l'administration Obama, qui s'est jusqu'à présent montrée très stricte vis-à-vis des immigrés illégaux, a annoncé qu'elle était prête à réexaminer le cas de 300 000 de clandestins en instance de déportation, une décision qui ouvre la voie à leur régularisation (à condition qu'ils n'aient pas commis de crime). Cette décision est controversée et Obama a tout de suite été critiqué par ses adversaires républicains qui dénoncent le laxisme de son administration en matière d'immigration. Bien entendu, il s'agit d'une décision politique de la part de Barack Obama, le président courtisant les électeurs hispaniques (sa cote de popularité auprès des Latinos ayant chuté de 74% en janvier 2009 à 49% aujourd'hui selon un sondage de Gallup) à l'approche des élections de 2012. Pourtant, selon José Antonio Vargas, cette décision représente «un petit pas dans la bonne direction».

Le jeune journaliste, qui peut se targuer d'avoir interviewé Al Gore (l'ex vice-président) pour le magazine Rolling Stone et Mark Zuckerberg (le PDG de Facebook) pour le New Yorker, vient de créer le site Define American et milite aujourd'hui à plein temps pour une réforme des lois sur l'immigration. Depuis son "coming out", José est devenu le porte-parole des jeunes clandestins qui résident depuis longtemps aux États-Unis et n'aspirent qu'à une chose: être des Américains comme les autres...

Comments

  • on 08/25/11, by Anne:

    C'est une excellente idée. Un grand merci pour ce commentaire.
  • in the not-too-distant future, by a New User: