Les enfants de Fukushima

Posted May 12, 2011 User_image_bg anne@voicesofyouth.org


Alors que le Japon vient d’annoncer la fermeture de la Centrale de Hamaoka, située dans une région où les risques sismiques sont élevés, par peur d’un accident nucléaire et que le premier ministre a déclaré que le pays allait désormais privilégier les énergies renouvelables, Voices of Youth s’inquiète de la situation des enfants, victimes innocentes de Fukushima.

Au collège de Shoyo localisé dans la préfecture de Fukushima, les élèves portent masques, casquettes et t-shirts à manches longues, rapporte une dépêche de Bloomberg publiée le 12 mai dans le Japan Times.

Non par choix mais par nécessité, cet uniforme de fortune étant censé les protéger des effets radioactifs. « On demande aux élèves de ne pas sortir dans la cour de récréation et les fenêtres de notre établissement restent fermées », assure Yukihide Sato, vice-proviseur de cette école située à 60 km de Fukushima, ville devenue fantôme, siège d’une catastrophe nucléaire digne de Tchernobyl déclenchée par le séisme et tsunami qui ont dévasté le Japon le 11 mars dernier.

La décision de rouvrir certaines écoles de la région ces jours derniers a été particulièrement controversée, le gouvernement japonais ayant fait le choix de relever le niveau de radioactivité considéré sans danger pour les citoyens de 1 à 20 milisievert par an, histoire de permettre aux écoliers de la région de Fukushima de regagner les bancs de l’école et de reprendre une vie normale. « 20 milisievert par an, c’est le niveau admis pour les travailleurs du nucléaire. C’est 20 fois plus que ce qu’on tolère d’habitude pour des citoyens lambda !», s’est notamment indigné Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace, association environnementale qui milite pour une sortie du nucléaire, dans un communiqué de presse.

Inquiètes pour la santé de leurs enfants, les familles des écoliers concernés se sont cependant mobilisées pour faire pression sur le gouvernement afin qu’ils n’exposent pas leurs enfants à des risques de cancer et autres maux liés aux effets radioactifs. « La catastrophe de Tchernobyl nous a montré que les enfants sont bien plus vulnérables que les adultes aux effets des radiations », martèle Greenpeace qui fait pression sur les gouvernements étrangers pour qu’ils exigent des autorités japonaises qu’elles cessent de manipuler les normes et de prétendre que les risques sont contrôlés. Dans une lettre adressée au président français Nicolas Sarkozy, pourtant farouche défenseur de l’énergie nucléaire, Greenpeace priait ce dernier d’intervenir sans délai auprès du gouvernement japonais. « Une limite d’exposition maximale de 1 milisievert par an doit être appliquée dans la préfecture de Fukushima, et des mesures d’urgence sont nécessaires pour garantir qu’aucun enfant (ni aucun adulte) ne soit exposé à des niveaux de radioactivité qui ne seraient en aucun cas tolérés pour des citoyens français », écrit Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France, à Nicolas Sarkozy.

Le quotidien britannique The Guardian rapportait de son côté qu’un groupe de parents avaient livré un sac rempli de terre radioactive provenant de la cour de récré d’une école de Fukushima à des fonctionnaires du ministère de l’éducation afin d’exprimer leur fureur, preuve que les citoyens ne sont pas dupes et sont prêts à se battre pour protéger leurs enfants.

Photo @ http://www.flickr.com/photos/ssoosay/5529032597/sizes/m/in/photostream/




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