Laissez-vous inspirer par ces jeunes du Mali qui œuvrent pour la paix

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Nene with a group of children

Les jeunes jouent un rôle essentiel dans la promotion de la paix, ainsi que dans la résolution et la prévention des conflits. Leur rôle est d’autant plus important dans le contexte de la pandémie du coronavirus.

La semaine dernière a eu lieu le débat public au Conseil de sécurité, sur les jeunes, la paix et la sécurité, ceci en parallèle avec le lancement du premier rapport du Secrétaire générale des Nations Unis sur les jeunes, la paix et la sécurité.

A l’occasion ces étapes importantes, nous vous invitons à découvrir des jeunes du Mali qui oeuvrent pour la paix, et qui partagent avec nous leurs passions, leur travail, leurs obstacles, ainsi que l’impact du coronavirus sur leurs communautés.

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 Fatimata Toure

Fatimata Toure, 27 ans

Directrice Pays, Global Peace Chain Mali 

 

Question 1 : Parlez-nous un peu de vous, de ce que vous faites (passe-temps, centres d’intérêt ou autres), et de ce qui vous motive dans la vie ?:

 Je suis Fatimata Toure, Malienne, consultante au cabinet 2AConsulting et Directrice Pays de Global peace Chain Mali. Activiste, je suis membre de la communauté des blogueurs du Mali et auteure à Benbere.org. Je suis aussi blogueuse à l’atelier des médias mondoblog RFI. J’adore lire, écrire et je voyage beaucoup. Ce qui me motive le plus dans la vie, c’est influencer positivement ma communauté à travers le développement personnel.

Question 2: Parlez-nous de votre travail au sein de votre communauté.   

Mon travail consiste à sensibiliser les jeunes aux questions liées à la paix à travers le dialogue. Nos activités visent à diffuser des messages de paix dans le monde, en soutenant des jeunes passionnés, les nouveaux créateurs de changement.

Il s’agit pour moi de  coordonner nos nombreuses activités que ce soit la sensibilisation aux questions relatives à la paix et à la citoyenneté, ll’écriture de plaidoyers, les dons de fournitures et de matériels aux écoles démunies, l’organisation de conférences ou encore la création de pétitions, comme celle qui promulgue la paix à travers le dialogue. De plus, je soutiens notre campagne digitale de sensibilisation contre le COVID-19 à travers des vidéos et des visuels pour informer la communauté sur la maladie.

Question 3 : Quels sont les plus grands défis auxquels vous faites face dans votre communauté ? 

Un de nos défis est d’éveiller la conscience des jeunes quant à leur rôle et leur importance dans l’établissement d’un processus de paix. Vulgariser le développement personnel, le leadership et la citoyenneté font aussi partie des nombreux défis auxquels nous faisons face. Ainsi, nous leur transmettons la culture de la paix et nous les sensibilisons à leurs droits et devoirs en tant que jeunes citoyens actifs. 

Question 4: Comment votre communauté a-t-elle été touchée par le COVID-19 ? Quelles mesures prenez-vous dans ce contexte? Que devraient faire les autres pour aider leurs communautés selon vous ? 

Ma communauté a été touchée par le COVID-19. Cela s’est traduit par le ralentissement de plusieurs activités génératrices de revenus. La distanciation sociale a freiné de nombreux projets, tout comme le couvre-feu. Les mesures que je prends sont d’abord le respect des gestes barrières et la distanciation sociale qui non seulement me protègent, mais protègent aussi les autres .

Pour aider leurs communautés, les autres doivent d’abord les sensibiliser au COVID-19 car il est clair que jusqu’à présent beaucoup de personnes sont sceptiques sur l’existence de cette maladie. Ensuite ils doivent veiller au respect des mesures sanitaires par tous les membres de leur communauté.

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Ousmane Traore

Ousmane Traore, 28

 

Question 1 : Parlez-nous un peu de vous, de ce que vous faites et de ce qui vous motive dans la vie. 

Je suis photographe et blogueur. Je travaille avec les médias et la société civile sur les thématiques de la citoyenneté, de l’éducation, de l’environnement et de la démocratie.

Question 2: Parlez-nous de votre travail au sein de votre communauté.   

Nous essayons de sensibiliser la communauté en ligne sur le respect des mesures barrières, ainsi qu’à travers les communications des FabLabs qui développent des technologies pour aider à juguler le virus. Nous vivons déjà une crise sécuritaire, éducative. La population souffre de la précarité et maintenant s’ajoute une crise sanitaire. Avec le couvre-feu et les règles de distanciation sociale toutes les activités économiques tournent au ralenti. Les gens ont du mal à joindre les deux bouts et la plupart est exposée malgré elle à la maladie du COVID-19.

"Nous vivons déjà une crise sécuritaire, éducative. La population souffre de la précarité et maintenant s’ajoute une crise sanitaire. Avec le couvre-feu et les règles de distanciation sociale toutes les activités économiques tournent au ralenti. Les gens ont du mal à joindre les deux bouts et la plupart est exposée malgré elle à la maladie du COVID-19."
- Ousmane
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A photo of Malamine Sarre

Malamine Sarre, 18 ans

Parlement des Enfants de la région de Mopti

 

Question 1 : Parlez-nous un peu de vous, de ce que vous faites (passe-temps, centres d’intérêt ou autres) et ce qui vous motive dans la vie. 

Je suis élève au lycée public de Mopti, passionné par le théâtre. Je suis aussi apprenti mécanicien spécialisé dans les motos, et je fais partie de l’association des jeunes lecteurs de Mopti (AJLM). De plus, je suis un des jeunes ayant intégré le Parlement des Enfants, dans la région de Mopti.

Question 2: Parlez-nous de votre travail au sein de votre communauté.   

Entre jeunes, nous nous réunissons pour curer les caniveaux bouchés de notre quartier.  Nous sommes aussi engagés dans le nettoyage de la mosquée du quartier ainsi que de l'école, ou nous passons des messages de sensibilisation. En cette période critique pour la jeunesse du Mali, nous sensibilisons aussi les autres jeunes aux messages de paix et de cohésion sociale. 

 Question 3 : Quels sont les  plus grands défis auxquels vous faites face dans votre communauté? 

Pendant la saison pluvieuse, l’inondation du quartier à cause des ordures jetées par la communauté, est un grand défi. Il y a aussi le chômage des jeunes qui a un effet négatif sur leur comportement, et les conflits entre les jeunes qui rejoignent les groupes armés.

Question 4: Comment votre communauté a-t-elle été touchée par le COVID-19 ? Quelles mesures prenez-vous dans ce contexte? Que devraient faire les autres pour aider leurs communautés ? 

La communauté de Mopti est très touchée par le COVID-19. Depuis notre formation par l’UNICEF sur le COVID-19, j’ai pu convaincre ma tante et mon tonton. Ces deux personnes m’aident beaucoup dans le quartier à sensibiliser les autres. Il faut reconnaître que beaucoup ne croyait pas en cette maladie. Mais maintenant, ils ont compris grâce à notre travail de sensibilisation au sein des familles. Ils ont même acheté du matériel pour désinfecter les mains. Pour sensibiliser, je fais des vidéos que je partage sur Facebook avec nos collègues.

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Nènè GOITA

Nènè GOITA, 21 ans

Coordinatrice Nationale, Conseil Consultatif National des Enfants et Jeunes du Mali

 

Question 1: Parlez-nous un peu de vous, de ce que vous faites (passe-temps, centres d’intérêt ou autres) et ce qui vous motive dans la vie. 

Je suis Nènè GOITA, jeune activiste malienne pour la promotion et la protection des droits et devoirs de l’enfant, et plus particulièrement de la jeune fille. Je passe mon temps à venir en aide aux autres, particulièrement aux enfants, ce qui me procure une joie immense. Mon père est à l’origine de ma motivation car il m’a toujours incité à m’améliorer et  m’a soutenu dans toutes mes entreprises.

Question 2: Parlez-nous de votre travail au sein de votre communauté.   

Je suis la nouvelle Coordinatrice du CCNEJ, une structure qui rassemble des organisations qui oeuvrent pour les enfants et jeunes au Mali. Nous intervenons dans le domaine du plaidoyer et de la sensibilisation pour la cause des enfants.

En matière de promotion et de protection des droits des enfants et des jeunes, nous utilisons l’approche pair-éducative. Sur le terrain, je me sens à l’aise au contact des jeunes. Nous échangeons sur des sujets qui leurs tiennent à cœur et surtout nous abordons des solutions faces aux enjeux. Ce n’est pas facile en tant qu’étudiante mais tout est une question d’organisation.

Question 3 : Quels sont les  plus grands défis auxquels vous faites face dans votre communauté? 

Les plus grands défis sont le respect des droits de l’enfant, la lutte contre les violences basées sur le genre,  le mariage des enfants, l’égalité et l’équité du genre, et la participation à la citoyenneté active.  Nous avons besoin de nous instruire et de  créer des citoyens modèles.

Question 4: Comment votre communauté a-t-elle été touchée par le COVID-19 ? Quelles mesures prenez-vous dans ce contexte? Que devraient faire les autres pour aider leurs communautés ? 

Dans un pays comme le nôtre, attaché au social et habitué à l’entraide, cette pandémie est ce qu’il y a à redouter. Le covid-19 nous a obligé à limiter des pratiques qui font parties de notre culture et notre quotidien. De plus, nous avons une population à revenu très modeste. Jusque-là, la pandémie n’est pas comprise par toute la population. D’autres parts, le respect des consignes données par les autorités ne prennent pas assez en compte la situation économique. C’est à dire qu’il faut choisir entre le mal et le pire.

Afin d’aider,  je partage des informations sur le COVID-19 ainsi que sur les mesures prises par mon pays pour y faire face, telles que la distanciation sociale et le respect du couvre-feu nocturne. De plus, je sensibilise les autres afin de promouvoir un changement de comportement tout en essayant de rester un modèle à suivre. Je pense que chacun de nous est responsable et doit devenir un ambassadeur à partir de sa famille.

Un grand merci au corps médical qui nous assiste jour et nuit et vivement le retour des enfants à l’école dans de meilleures conditions.

"Sur le terrain, je me sens à l’aise au contact des jeunes. Nous échangeons sur des sujets qui leurs tiennent à cœur et surtout nous abordons des solutions faces aux enjeux. Ce n’est pas facile en tant qu’étudiante mais tout est une question d’organisation."
- Nènè
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Kola Amadou Bah

Kola Amadou Bah, 22 ans

Président, Association PINNAL

 

Question 1 : Parlez-nous un peu de vous, de ce que vous faites (passe-temps, centres d’intérêts ou autres) et de ce qui vous motive dans la vie. 

Je suis un jeune acteur pour la paix et la réconciliation nationale. Je suis diplômé du baccalauréat et j’ai été formé par le projet PBF (Peacebuilding Fund), mené par l’UNICEF, l’OIM et l’UNESCO. Mon intérêt pour la jeunesse est fondé sur notre capacité à véhiculer des messages de paix et de promouvoir l'intégration dans notre pays et particulièrement dans la région de Mopti touchée par des conflits armés et intercommunautaires.

Question 2: Parlez-nous de votre travail au sein de votre communauté.   

Depuis le renforcement de notre capacité en gestion et prévention de conflit, je suis engagé dans les activités de sensibilisation au niveau de mon quartier, Toguel, ainsi que dans les écoles, pour soutenir les élèves en difficultés avec des kits scolaires. 

Avec le soutien de la mairie et d’autres partenaires, nous engageons la communauté à préserver l’environnement (campagnes de nettoyage). Ces regroupements sont l’occasion pour nous de nous retrouver, ce qui est un facteur d’intégration de la jeunesse.

Question 3 : Quels sont les  plus grands défis auxquels vous faites face dans votre communauté?

Les plus grand défis restent la mentalité des jeunes au sujet des conflits intercommunautaires, les comportements par rapport à la préservation de l’environnement, ainsi que les moeurs concernant sur la scolarisation, surtout celle des filles.

Question 4: Comment votre communauté a-t-elle été touchée par  le COVID-19 ? Quelles mesures prenez-vous dans ce contexte? Que devraient faire les autres pour aider leurs communautés? 

Notre communauté (la région de Mopti) a été frappée par le COVID-19 avec des cas confirmés. Face à cette pandémie, nous nous sommes organisés pour partager des messages de sensibilisation sur la maladie et sur les mesures barrières afin d’éviter de contaminer et d’être contaminé. Nous menons ces activités dans les lieux publics, au sein des regroupements de jeunes surtout dans les quartiers périphériques de la ville où l’accès est un peu difficile avec les motos tricycles appelées ‘Katakatani’. Nous utilisons également les réseaux sociaux pour diffuser ces messages, par exemple sur la page de “Jeune Acteur pour la Paix et la Réconciliation”, ainsi que sur la page Facebook “Association Pinnal, Mopti”.

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