#Women of Algeria

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Une photo de Moubarika.

L'histoire que je vais vous raconter date d’il y a un an, ça fait un bon petit bout de temps me direz-vous ! Mais si j’ai décidé de vous la raconter aujourd’hui c’est parce qu’un an a passé et cette dernière ne cesse de me donner foi en mon pays et surtout en ses femmes. Alors, on commence l’histoire ?

Dans le cadre du voyage culturel à Beni-Abbes au sahara algerien avec l'association "La Grande Maison" , j'ai eu le privilège de rencontrer l'association "بياض السعد" (qui traduit en français signifie un bel avenir). Commençons par le tout début, le nom de cette association fait référence à un bijou traditionnel du Sahara qui tire son origine du Maroc. Ce collier est confectionné de plusieurs perles de plusieurs couleurs (ce qui pour moi symbolise la différence qu'il y'a entre chaque femme) , il est offert par la mère à la fille au réveil de la nuit nuptiale, souhaitant ainsi marquer ce nouveau départ et pour que la future mariée soit comblée durant toute sa vie. Ce fil de perles caractérise la transmission et l'émancipation de la femme.

Avant de devenir une association, c'était un groupe de femmes qui essayait de rendre à la vie les anciens chants de leur village. Elles étaient une dizaine à s'entraîner tous les jours que dieu fait dans une chambre sans porte et sans électricité avec un matériel qu'elles paient de leurs propres poches .. Ça c'était en 1995!

Un peu plus tard vers 2006, après que la troupe ait acquis une certaine notoriété au sein de la population féminine de Beni-Abbés , l'association "بياض السعد" est née.

La présidente partit alors en quête d'un local où se réunissaient les membres de l'association et ce n'est qu'au terme d'un combat diplomatique acharné que le maire finit par lui céder une salle dans une école abandonnée. D'après les propos de la présidente, cette salle était dans un état pitoyable mais grâce à plein de bénévoles et de la persévérance, c'est devenu un magnifique atelier de couture.

Aujourd'hui, l'association compte un peu plus de 30 femmes qui participent à l'atelier couture, ces femmes créent des modèles de vêtements féminins traditionnels ou modernes, pour elles ou pour la revente, permettant ainsi de faire une rentrée d'argent. La troupe de l'association est toujours d'actualité, elle est présente dans chaque mariage de Beni-Abbés avec comme chef d'orchestre la présidente Moubarika qui en plus de mettre de l'ambiance, en profite aussi pour promouvoir son travail.

Pour le futur , Moubarika souhaite aller plus loin que la création de vêtements et diversifier les produits qu'elle propose pour pouvoir les vendre aux touristes. Aussi, elle espère que l'atelier couture se transformera en usine permettant ainsi de gagner de l'argent dans le but d'aider les femmes en difficulté.

Depuis le début, je vous parle de Moubarika mais j’avais totalement oublié de vous la présenter! Tête en l’air comme je suis cela ne m’étonne pas, heureusement il n’est jamais trop tard. Moubarika est une dame très inspirante, peut être même la plus inspirante qu’il m'ait été donné de rencontrer. À cause des mœurs de la société, elle se voit empêchée d'aller à l'école par son géniteur alors qu'elle en était à la moitié de son cursus scolaire. Ne voulant pas abandonner la quête du savoir, elle convaincra plus tard son père de la laisser rejoindre la mosquée où elle acquerra de nouvelles connaissances. Elle nous a aussi confié que le fait de ne pas avoir de diplôme n'était pas forcément un handicap, le plus important étant de mettre en marche la "centrale" (cerveau).

Ayant toujours cette rage de vouloir que la femme puisse s'exprimer et se libérer de ses chaînes, Moubarika va créer une troupe de chant constituée essentiellement de femmes. Plus tard, cette troupe évoluera et deviendra une association "بياض السعد". Mais pour en arriver là où elle en est, elle s'est battue telle une lionne ! D'après elle, les clés du succès sont : la persévérance, la foi et la droiture.

Avant de rencontrer Moubarika , je pensais que les femmes de mon pays avaient besoin que quelqu’un se batte pour elles et leurs droits, puis j’ai compris que non. J’ai appris que les algeriennes avaient une âme de battantes et qu’elles arriveraient à leurs fins tôt ou tard. Je suis fière de ces femmes révolutionnaires et je considère le fait de transmettre leurs histoires comme étant un devoir. Je ne cesserai de partager le portrait de ces personnes qui se bougent pour faire changer les choses, ces personnes qui sont le “changement” dans l’espoir que ces dernières inspirent les gens qui liront leurs histoires.

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